7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 07:00

 

Je remonte le cours du temps.

 

Conférence à Tübingen. Généalogie et géologie.

 

Dans la chambre, à l'hôtel :

 

« Celui qui veut seulement dans une certaine mesure arriver à la liberté de la raison n’a pas le droit pendant longtemps de se sentir sur terre autrement qu’en voyageur, – et non pas même pour un voyage vers un but final : car il n’y en a pas. Mais il se proposera de bien observer et d’avoir les yeux ouverts pour tout ce qui se passe réellement dans le monde ; c’est, pourquoi il ne peut attacher trop fortement son cœur à rien de particulier ; il faut qu’il y ait toujours en lui quelque chose du voyageur, qui trouve son plaisir au changement et au passage. Sans doute un pareil homme aura des nuits mauvaises, où il sera las et trouvera fermée la porte de la ville qui devait lui offrir un repos ; peut-être qu’en outre, comme en Orient, le désert s’étendra jusqu’à cette porte, que les bêtes de proie hurleront tantôt loin, tantôt près, qu’un vent violent se lèvera, que des brigands lui raviront ses bêtes de somme. Alors peut-être l’épouvantable nuit descendra pour lui comme un second désert sur le désert, et son cœur sera-t-il las de voyager. Qu’alors l’aube se lève pour lui, brûlante comme une divinité de colère, que la ville s’ouvre, il y verra peut-être sur les visages des habitants plus encore de désert, de saleté, de fourbe, d’insécurité que devant les portes – et le jour sera pire presque que la nuit. Ainsi peut-il en arriver parfois au voyageur ; mais ensuite viennent, en compensation, les matins délicieux d’autres régions et d’autres journées, où dès le point du jour il voit dans le brouillard des monts les chœurs des Muses s’avancer en dansant à sa rencontre, où plus tard, lorsque paisible, dans l’équilibre de l’âme des matinées, il se promène sous des arbres, verra-t-il de leurs cimes et de leurs frondaisons tomber à ses pieds une foison de choses bonnes et claires, les présents de tous les libres esprits qui sont chez eux dans la montagne, la forêt et la solitude, et qui, tout comme lui, à leur manière tantôt joyeuse et tantôt réfléchie, sont voyageurs et philosophes. Nés des mystères du matin, ils songent à ce qui peut donner au jour, entre le dixième et le douzième coup de cloche, un visage si pur, si pénétré de lumière, si joyeux de clarté, – ils cherchent la philosophie d’avant-midi. »

 

Ouvrir – malgré tout.

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 07:00

 

Dans le quartier de la Pláka, les citoyens s'affairent à la politique tandis que l'Europe entière voulue par tous vole en éclats.

 

Je m'offre un gobelet d'ouzo et une assiette de poulpes aux aubergines.

 

Le livre s'ouvre à la bonne page :

 

« Ce verbe, qui est vrai, est toujours incompris des hommes, soit avant qu’ils ne l’entendent, soit alors qu’ils l’entendent pour la première fois. Quoique toutes choses se fassent suivant ce verbe, ils ne semblent avoir aucune expérience de paroles et de faits tels que je les expose, distinguant leur nature et disant comme ils sont. Mais les autres hommes ne s’aperçoivent pas plus de ce qu’ils font étant éveillés, qu’ils ne se souviennent de ce qu’ils ont fait en dormant. »

 

Allez, une sieste quoi qu'il puisse advenir.

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 07:00

Senlis (60), marais de la Bigue.jpg

 

Une belle journée automnale.

 

Partout, aux carrefours des mairies et des prairies qui ondulent sous le vent, on s'active aux préparatifs de la grande commémoration. Pour une fois, il ne pleut pas.

 

Je traverse la forêt à cheval. Ma monture du jour, une brave bête au pelage bai, se nomme Pidou et se régale de carottes.

 

Près d'un étang qu'enserre le feuillage, je croise Jean-Jacques qui tient à me lire ce qui suit :

 

« Le bonheur est un état permanent qui ne semble pas fait ici-bas pour l’homme. Tout est sur la terre dans un flux continuel qui ne permet à rien d’y prendre une forme constante. Tout change autour de nous. Nous changeons nous-mêmes, et nul ne peut s’assurer qu’il aimera demain ce qu’il aime aujourd’hui. Ainsi tous nos projets de félicité pour cette vie sont des chimères. Profitons du contentement d’esprit quand il vient, gardons-nous de l’éloigner par notre faute, mais ne faisons pas des projets pour l’enchaîner, car ces projets là sont de pures folies. J’ai peu vu d’hommes heureux, peut-être point : mais j’ai souvent vu des cœurs contents, et de tous les objets qui m’ont frappé, c’est celui qui m’a le plus contenté moi-même. Je crois que c’est une suite naturelle du pouvoir des sensations sur mes sentiments internes. Le bonheur n’a point d’enseigne extérieure ; pour le connaître il faudrait lire dans le cœur de l’homme heureux ; mais le contentement se lit dans les yeux, dans le maintien, dans l’accent, dans la démarche, et semble se communiquer à celui qui l’aperçoit. Est-il une jouissance plus douce que de voir un peuple entier se livrer à la joie un jour de fête, et tous les cœurs s’épanouir aux rayons expansifs du plaisir qui passe rapidement, mais vivement, à travers les nuages de la vie ? »

 

Mais tout va bien, Jean-Jacques : la nature que tu herborises se porte à merveille ! 

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 06:00

File:Tholos de Delphes 2015.jpg

 

Affranchi de la cohue, j'ouvre le livre :

 

« Eh bien ! qu’adviendra-t-il de tout ce que les hommes ont élaboré ? Que deviendra la civilisation ?

« Le retour au singe, la lettre de Voltaire à Rousseau, disant qu’il faut apprendre à marcher à quatre pattes : le retour à une vie animale quelconque », disent les hommes qui sont tellement convaincus que la civilisation dont nous jouissons est un très grand bien qu’ils n’admettent pas même la pensée de renoncer à la moindre chose donnée par elle.

« Comment remplacer par la forme déjà dépassée par l’humanité – les communes agricoles, grossières, perdues au fond de la campagne — nos villes avec leurs chemins de fer électriques, souterrains et aériens, leurs phares électriques, leurs musées, leurs théâtres, leurs monuments ? » diront ces hommes. – « Oui, et avec leurs quartiers miséreux, les slums de Londres, de New-York, des grandes villes, avec leurs maisons de tolérance, les banques, les bombes explosives contre les ennemis extérieurs et intérieurs, avec leurs prisons, leurs échafauds, leurs millions de soldats » dirai-je, moi.

« La civilisation, notre civilisation, est un grand bien », disent les hommes. Mais ceux qui ont cette conviction appartiennent à cette minorité qui vit non seulement dans cette civilisation, mais par elle ; qui vit dans l’aisance, presque dans l’oisiveté, en comparaison du labeur des ouvriers, et ainsi uniquement parce que cette civilisation existe.

Tous ces hommes : rois, empereurs, présidents, princes, ministres, fonctionnaires, militaires, propriétaires fonciers, marchands, ingénieurs, médecins, savants, peintres, professeurs, prêtres, écrivains, sont si sûrs que notre civilisation est un grand bien qu’ils ne peuvent admettre la pensée de la voir disparaître ou même se modifier. »

 

J'ai encore un peu de temps et m'offre un beau flacon de vin résiné.

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 06:00

 

Spinoza vient de m'adresser un courriel réclamant de me rendre chez lui à Rinjsburg le plus tôt possible. Je fonce secourir l'ami.

 

Au seuil de sa demeure automnale cernée de brume, je le trouve plus inquiet que d'habitude.

 

Il me tend un texte d'une écriture nerveuse, et me demande de le lire.

 

J'entre dans les signes :

 

« Je passe enfin à cette partie de l’Éthique qui a pour objet de montrer la voie qui conduit à la liberté. J’y traiterai de la puissance de la raison, en expliquant l’empire que la raison peut exercer sur les passions ; je dirai ensuite en quoi consistent la liberté de l’âme et son bonheur ; on pourra mesurer alors la différence qui sépare le savant de l’ignorant. Quant à la manière de perfectionner son esprit et de gouverner son corps pour le rendre propre aux fonctions qu’il doit remplir, cela n’est pas de notre sujet, et rentre dans la médecine et dans la logique. Je ne traite ici, encore un coup, que de la puissance de l’âme ou de la raison, et avant tout, de la nature et de l’étendue de l’empire qu’elle exerce pour réprimer et gouverner nos passions. Nous avons déjà démontré que cet empire n’est pas absolu. Les stoïciens ont voulu soutenir que nos passions dépendent entièrement de notre volonté, et que nous pouvons les gouverner avec une autorité sans bornes ; mais l’expérience les a contraints d’avouer, en dépit de leurs principes, qu’il ne faut pas peu de soins et d’habitude pour contenir et régler nos passions. C’est ce que, si j’ai bonne mémoire, quelqu’un s’est avisé de démontrer par l’exemple de deux chiens, l’un domestique, l’autre chasseur, que l’on parvint à dresser de telle sorte que le chien domestique faisait la guerre aux lièvres, tandis que le chien de chasse s’abstenait de les poursuivre. Descartes est tout à fait favorable à cette opinion. »

 

Cher Baruch, au temps contrit de la servitude, un flambeau dans la nuit !

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 06:00

 

Disons que je vais à présent me concentrer sur le continent européen et ses marges.

 

À la gare, le début, juste avant le départ :

 

« En ce temps-là j’étais en mon adolescence
J’avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance
J’étais à 16.000 lieues du lieu de ma naissance
J’étais à Moscou, dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares
Et je n’avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours
Car mon adolescence était si ardente et si folle
Que mon cœur, tour à tour, brûlait comme le temple
d’Éphèse ou comme la Place Rouge de Moscou
Quand le soleil se couche.
Et mes yeux éclairaient des voies anciennes.
Et j’étais déjà si mauvais poète
Que je ne savais pas aller jusqu’au bout.

Le Kremlin était comme un immense gâteau tartare
Croustillé d’or,
Avec les grandes amandes des cathédrales toutes blanches
Et l’or mielleux des cloches…

Un vieux moine me lisait la légende de Novgorode
J’avais soif. »

 

Loin de la Chaux-de-Fonds, loin de Montmartre – une transition vers l'ailleurs.

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 06:00

Vallée de la Meuse Bogny Monthermé.jpg

 

Les Gaulois étaient les écorcheurs de bêtes, les brûleurs d’herbes les plus ineptes de leur temps...

 

Colloque Rimbaud au fief d'Ardennes.

 

Un mot par ci, un mot par là.

 

À quoi bon ? Allez, il en restera toujours quelque chose pour une noble cause.

 

Sur le promontoire, plongée au milieu des herbes folles : 

 

« Si j’avais des antécédents à un point quelconque de l’histoire de France !

Mais non, rien.

Il m’est bien évident que j’ai toujours été de race inférieure. Je ne puis comprendre la révolte. Ma race ne se souleva jamais que pour piller : tels les loups à la bête qu’ils n’ont pas tuée.

Je me rappelle l’histoire de la France fille aînée de l’Église. J’aurais fait, manant, le voyage de terre sainte ; j’ai dans la tête des routes dans les plaines souabes, des vues de Byzance, des remparts de Solyme ; le culte de Marie, l’attendrissement sur le crucifié s’éveillent en moi parmi mille féeries profanes. – Je suis assis, lépreux, sur les pots cassés et les orties, au pied d’un mur rongé par le soleil. – Plus tard, reître, j’aurais bivaqué sous les nuits d’Allemagne.

Ah ! encore : je danse le sabbat dans une rouge clairière, avec des vieilles et des enfants.

Je ne me souviens pas plus loin que cette terre-ci et le christianisme. Je n’en finirais pas de me revoir dans ce passé. Mais toujours seul ; sans famille ; même, quelle langue parlais-je ? Je ne me vois jamais dans les conseils du Christ ; ni dans les conseils des Seigneurs, – représentants du Christ.

Qu’étais-je au siècle dernier : je ne me retrouve qu’aujourd’hui. Plus de vagabonds, plus de guerres vagues. La race inférieure a tout couvert – le peuple, comme on dit, la raison ; la nation et la science.

Oh ! la science ! On a tout repris. Pour le corps et pour l’âme, – le viatique, – on a la médecine et la philosophie, – les remèdes de bonnes femmes et les chansons populaires arrangés. Et les divertissements des princes et les jeux qu’ils interdisaient ! Géographie, cosmographie, mécanique, chimie !...

La science, la nouvelle noblesse ! Le progrès. Le monde marche ! Pourquoi ne tournerait-il pas ?

C’est la vision des nombres. Nous allons à l’Esprit. C’est très certain, c’est oracle, ce que je dis. Je comprends, et ne sachant m’expliquer sans paroles païennes, je voudrais me taire. »

 

Ponctuation de la nouvelle science.

 

 

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 06:00

File:Kropotkine - La Morale anarchiste.djvu

 

Que faire ?

 

Devançant l'appel, visa en poche, l'ami rejoint, les joies de l'amitié, je déambule dans l'automne précoce au hasard des ponts bordés de bazars.

 

On y trouve de tout : des chapkas en fausse fourrure, des ustensiles de cuisine, un arsenal de médailles soviétiques, des jeux d'échecs en bois de bouleau, un amas de cassettes VHS, des cartouches, des timbres à l'effigie de Lénine, des boîtes remplies de réveils, de faux T-Shirts américains, des sacs de sacs plastiques, sans parler du tout-venant de la littérature idéologique.

 

Dans le lot, ceci qui attire l'œil :

 

« L’histoire de la pensée humaine rappelle les oscillations du pendule, et ces oscillations durent déjà depuis des siècles. Après une longue période de sommeil arrive un moment de réveil. Alors la pensée s’affranchit des chaînes dont tous les intéressés –, gouvernants, hommes de loi, clergé – l’avaient soigneusement entortillée. Elle les brise. Elle soumet à une critique sévère tout ce qu’on lui avait enseigné et met à nu le vide des préjugés religieux, politiques, légaux et sociaux, au sein desquels elle avait végété. Elle lance la recherche dans des voies inconnues, enrichit notre savoir de découvertes imprévues ; elle crée des sciences nouvelles.

Mais l’ennemi invétéré de la pensée – le gouvernant, l’homme de loi, le religieux –, se relèvent bientôt de la défaite. Ils rassemblent peu à peu leurs forces disséminées ; ils rajeunissent leur foi et leurs codes en les adaptant à quelques besoins nouveaux. Et profitant de ce servilisme du caractère et de la pensée qu’ils avaient si bien cultivé eux-mêmes, profitant de la désorganisation momentanée de la société, exploitant le besoin de repos des uns, la soif de s’enrichir des autres, les espérances trompées des troisièmes – surtout les espérances trompées –, ils se remettent doucement à leur œuvre en s’emparant d’abord de l’enfance par l’éducation. »

 

L'ami de Reclus sort pour une fois de l'ombre...

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 06:00

 

Un doigt de vodka ?

 

Par courriel, un ami moscovite me propose une balade dans le vieux Saint-Petersbourg à l'automne.

 

Illico, je lui adresse au bonheur des ondes ce passage :

 

« L’été nous avons les vacances, la poussière et la chaleur, la chaleur, la poussière et les vacances ! Il nous est pénible de rester en ville. Tous nos amis sont partis… Aussi, pour me distraire, me suis-je mis, ces temps-ci, à lire les manuscrits empilés dans la salle de rédaction. Mais je ne me suis résigné à cette lecture qu’en second lieu : d’abord j’ai passé mon temps à gémir en pensant à mon besoin d’air pur, de liberté temporaire, à mon dégoût de rencontrer les rues hostiles pleines de je ne sais quel sable pareil à de la terre glaise pulvérisée. Et j’en ai voulu aux rues. N’est-ce pas un soulagement, quand on est de mauvaise humeur, de trouver coupable quelqu’un ou quelque chose !

Ces jours-ci, j’ai traversé la perspective Newsky de son trottoir ensoleillé à son trottoir sombre. Il faut toujours traverser ladite perspective avec prudence, sous peine de se faire écraser. On regarde de tous côtés, on avance tout doucement, on guette une éclaircie des voitures qui filent toujours par paquets de quatre ou cinq. En hiver surtout, c’est émotionnant ! Grâce au brouillard blanc, à la neige ouatée, vous risquez toujours, au moment où vous vous y attendez le moins, d’apercevoir, à quelques centimètres de votre figure, les naseaux d’un cheval, rouges comme un fanal de train, et de train express, lancé sur vous à toute vapeur. C’est un cauchemar tout pétersbourgeois ! Vous fuyez juste à temps et quand vous avez atteint l’autre trottoir, ce n’est pas tant le plaisir d’avoir évité un grand danger que vous ressentez, que la joie de l’avoir bravé involontairement. Oui, ces jours-ci, avec ma prudence acquise en hiver, je traversais la perspective Newsky ; mais quel ne fut pas mon étonnement de pouvoir m’arrêter au beau milieu de la chaussée : pas un chat, pas une voiture ! On aurait pu, avec un ami, s’asseoir sur le macadam et disserter à n’en plus finir sur la littérature russe. Par cette chaleur et cette poussière, je ne vois que traces de roues effondrant le sol et maisons en construction ou en réparation – et l’on répare plus les façades des maisons pétersbourgeoises par chic que par désir de les améliorer réellement. Ce qui me frappe toujours dans l’architecture de notre capitale, c’est son manque de caractère et ce mélange de masures de bois croulantes accolées à des édifices imposants et prétentieux : cela produit l’effet de tas de madriers mal équarris voisinant avec de véritables palais. Mais ces palais, eux-mêmes, manquent de tout vrai style. Cela encore est bien pétersbourgeois ! »

 

Vrai – et pas vrai. Le Palais de l'Hermitage... Et les canaux fleuris...

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 06:00

Amorgos-14.jpg

 

Un repaire de corsaires...

 

Ne me demandez pas où se trouve cette île, le vin résiné m'a fait perdre la tête. Et puis les chants, et les danses, et les filles de joie, et le reste. Tout ce que je sais, c'est que je me suis réveillé en apesanteur, ce fragment éclaboussé d'écume sur mon visage :

 

« Le Lacédémonien Cléarque envoyé à ceux de Byzance attaqués par les Thraces, exerce tant d'injustices et de cruautés à l'égard des Byzantins alliés de Lacédémone, qu'il est désavoué, dépossédé et même battu par les Lacédémoniens contre lesquels il se défendait. Il passe au service du jeune Cyrus qui se préparait à la guerre contre son frère Artaxerxès ; et il obtient un poste considérable dans son armée. Lysandre conçoit le dessein d'abolir à Lacédémone la loi selon laquelle on ne devait choisir les rois que dans la famille des Héraclides. Il tâche en vain de corrompre à ce dessein les oracles de Delphes, de Dodone et même de Cyrène en Afrique. Il meurt dans la peine. Denys travaille à joindre à sa domination d'autres villes de la Sicile. Il pouffe Æmnestus citoyen d'Etna à se rendre maître de sa ville, et conseille ensuite aux habitants de le faire punir de mort. Il se fait livrer Naxus par Proclès qui y était chef de la milice, et le récompense de sa trahison. Il donne Catane pour habitation aux Campaniens. Il transporte les Léontins à Syracuse. Archonidès chef dans Erbite est contraint de l'abandonner à Denys et va fonder sur une montagne près de la mer la ville d'Alèse, à laquelle les Romains accordèrent depuis l'immunité. »

 

Dédale nocturne...

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