18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 07:00

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Place de la Sorbonne déserte dans le froid piquant.

 

Un, puis deux, puis trois moineaux.

 

Le désert est soudain colonisé.

 

Colonie pénitentiaire ?

 

Associations d'idées. Pense à Ossip M.

 

Tu es venu faire une partie de tes études ici, vers 1907.

 

La Belle Époque, disait-on.

 

Tu ne savais pas encore que le pire t'attendait là-bas.

 

S'attendre au pire, toujours.

 

Ainsi, il reste des beaux jours.

 

Tu as été exilé à Voronej, car tu as dénoncé le plomb de la puissance tyrannique.

 

Oui, la poésie, c'est la guerre.

 

Voronej, nom de rêve.

 

Et comme ça ne suffisait pas, tu as été déporté à Vladivostok.

 

Plus à l'Est, tu meurs.

 

Et c'est ce qui est arrivé : ton corps a été jeté dans une fosse commune.

 

Nadejda, ta femme, te survit.

 

Elle apprend tes poèmes par cœur pour qu'ils voyagent en se moquant des frontières.

 

De toi dans la bibliothèque universelle, l'Entretien sur Dante et Le Bruit du temps.

 

Les oiseaux sont partis, ta parole demeure.

 

 

(Ossip Mandelstam, Entretien sur Dante, L'Âge d'homme, 2000 et Le Bruit du temps, préface de Nikita Struve, Christian Bourgois, 2006)

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 07:00

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La pluie d'hiver est parvenue à s'insinuer dans le musée Van Gogh pour ajouter de l'eau aux estampes détrempées.

 

Amsterdam au Nord, Venezia au Sud : mes deux polarités aquatiques, mes deux mondes flottants vers lesquels je retourne en joie aussi souvent que possible. Aujourd'hui, c'est le Dam, l'edam et la dame. Le jeu de mots est idiot, mais vu les conditions atmosphériques, je me remonte le moral comme je peux, et de toute façon, j'ai envie d'être un idiot à la manière de Bashō. Nous serons donc entraînés dans une idiotie tourbillonnante, la dame et moi.

 

Sur le pont, une japonaiserie de Vincent (1887), je suis ce flâneur japonais  pris dans un déluge vertical. Et sur cet autre pont, trente années plus tôt, c'est encore moi - je suis éternel :

 

 

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Vous ne me voyez pas ? Regardez bien. Mon ami Hiroshige (歌川広重, Utagawa Hiroshige, 1797-1858) m'a reconnu et a peint le passage...

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 07:00

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Mars vrombissant.

 

Souvent, je me sens de plus en plus comme Freud. Quand j'apparais, j'ai l'impression que, de la tête aux pieds, je suis couvert de peinture fraîche.

 

Ils viennent vous embêter, vous empêcher, vous ennuyer. Manger votre temps, vous déranger, vous mettre des bâtons dans les roues, vous faire la morale et encore la morale. Vous assommer. Vous fatiguer, vous tanner, vous barber. Vous importuner, les indiscrets. Colporter des ragots, des rumeurs, des racontars à votre endroit. Et vous déloger aussi. Vous embellir pour vous noircir et l'inverse. Vous rebuter. Siffler dans vos oreilles. Vous empoisonner. Perquisitionner vos moindres recoins. Vous déstabiliser. Vous inquiéter. Vous contredire exprès.

 

En somme, vous punir d'exister.

 

Tous de gros jaloux nourris au ressentiment depuis leur enfance ratée. Les chiens peuvent bien aboyer, la caravane nomade, elle, continue de passer.

 

All this is immaterial to me, semble dire, bon pied bon œil, le bel Indifférent...

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 07:00

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(...)

 

Par conséquent, puisque chaque individu tâche, le plus qu’il peut, d’employer son capital à faire valoir l’industrie nationale, et de diriger cette industrie de manière à lui faire produire la plus grande valeur possible, chaque individu travaille nécessairement à rendre aussi grand que possible le revenu annuel de la société. À la vérité, son intention, en général, n’est pas en cela de servir l’intérêt public, et il ne sait même pas jusqu’à quel point il peut être utile à la société. En préférant le succès de l’industrie nationale à celui de l’industrie étrangère, il ne pense qu’à se donner personnellement une plus grande sûreté ; et en dirigeant cette industrie de manière à ce que son produit ait le plus de valeur possible, il ne pense qu’à son propre gain ; en cela, comme dans beaucoup d’autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions ; et ce n’est pas toujours ce qu’il y a de plus mal pour la société, que cette fin n’entre pour rien dans ses intentions. Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société, que s’il avait réellement pour but d’y travailler. je n'ai jamais vu que ceux qui aspiraient, dans leurs entreprises de commerce, à travailler pour le bien général, aient fait beaucoup de bon­nes choses.

 

(By preferring the support of domestic to that of foreign industry, he intends only his own security; and by directing that industry in such a manner as its produce may be of the greatest value, he intends only his own gain, and he is in this, as in many other cases, led by an invisible hand to promote an end which was no part of his intention. Nor is it always the worse for the society that it was no part of it. By pursuing his own interest he frequently promotes that of the society more effectually than when he really intends to promote it. I have never known much good done by those who affected to trade for the public good. It is an affectation, indeed, not very common among merchants, and very few words need be employed in dissuading them from it.)

 

Adam Smith, An Inquiry into the Nature and Causes of the Wealth of Nations, 1776 / La Richesse des nations, traduction Germain Garnier, 1881.

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 07:00

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(...)

 

Nous aurons peu de questions à faire sur cette première lettre de tous les alphabets. Cet article de l’Encyclopédie, plus nécessaire qu’on ne croirait, est de César Dumarsais, qui n’était bon grammairien que parce qu’il avait dans l’esprit une dialectique très profonde et très nette. La vraie philosophie tient à tout, excepté à la fortune. Ce sage, qui était pauvre et dont l’Éloge se trouve à la tête du septième volume de l’Encyclopédie, fut persécuté par l’auteur de Marie à la Coque, qui était riche; et sans les générosités du comte de Lauraguais, il serait mort dans la plus extrême misère. Saisissons cette occasion de dire que jamais la nation française ne s’est plus honorée que de nos jours par ces actions de véritable grandeur faites sans ostentation. Nous avons vu plus d’un ministre d’État encourager les talents dans l’indigence et demander le secret. Colbert les récompensait, mais avec l’argent de l’État, Fouquet avec celui de la déprédation. Ceux dont je parle ont donné de leur propre bien; et par là ils sont au-dessus de Fouquet, autant que par leur naissance, leurs dignités et leur génie. Comme nous ne les nommons point, ils ne doivent pas se fâcher. Que le lecteur pardonne cette digression qui commence notre ouvrage. Elle  vaut mieux que ce que nous dirons sur la lettre A, qui a été si bien traitée par feu M. Dumarsais, et par ceux qui ont joint leur travail au sien. Nous ne parlerons point des autres lettres, et nous renvoyons à l’Encyclopédie, qui dit tout ce qu’il faut sur cette matière.

 

On commence à substituer la lettre a à la lettre o dans français, française, anglais, anglaise, et dans tous les imparfaits, comme il employait, il octroyait, il ploierait, etc.; la raison n’en est-elle pas évidente ? ne faut-il pas écrire comme on parle autant qu’on le peut ? n’est-ce pas une contradiction d’écrire oi et de prononcer ai ?

 

Nous disions autrefois je croyois, j’octroyois, j’employois, je ployois : lorsque enfin on adoucit ces sons barbares, on ne songea point à réformer les caractères, et le langage démentit continuellement l’écriture.

 

(Voltaire, Dictionnaire philosophique, 1764)

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 07:00

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(...)

 

La Maorie a tout oublié les terreurs de la nuit pour la volupté d'être, dans la fraîcheur brillante de matin, et d'aller, et de s'ébattre, insoucieuse, libre dans la caresse de l'air, de l'herbe, du bain. Sa vie s'éveille avec la belle humeur de la terre et du soleil. Le plaisir est la grande affaire, et l'amour n'est que plaisir. Puis, elle danse, elle se couronne de fleurs, elle chante, elle rit, elle joue, et puis elle aime encore, à l'ombre des pandanus, et puis elle rit encore, et tout n'est que plaisir. Et la mer est là, dont elle préfère le blanc rivage aux fourrés de la forêt, la mer jolie avec ses récifs de coraux, la mer vivante avec sa voix infinie qui accompagne  sourdement l'iméné, la mer reposante qui baise de ses brises les brûlures de l'amour et du soleil. Et l'amour n'est que plaisir, et tout n'est que plaisir, même le travail : l'occasion d'une promenade en mer ou sur la montagne, la gloriole de montrer sa force ou son adresse, le douceur d'obliger un ami, le travail, plaisir des hommes qu'ils partagent avec les femmes et dont la nature a, d'avance, fait les frais.

 

Et la sagesse, encore, est un jeu, le plaisir des vieillards, aux veillées -aux veillées où la peur, aussi, amuse (tant, du moins, que le soleil n'a pas quitté l'horizon et qu'on est à plusieurs), par des récits fantastiques, préludes aux prochains cauchemars et qui relèvent d'un peu de religieuse horreur le délice accompli du jour, bien que déjà, durant la sieste, l'aile noire des Tupapaüs ait effleuré le front des dormeuses. Près de la case en bois de bourao, à distance du rivage que la matinée tropicale maintenant embrase, la forêt commence et de l'ombre fraîche tombe des premiers manguiers.

 

Des hommes, des femmes, tanés, vahinés, sont là, groupés, épars, debout et affairés, assis ou couchés et déjà reposant. On boit, on bavarde, on rit. 

 

(Paul Gauguin, Noa Noa, édition de 1901 par Charles Morice)

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 07:00

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Oui, oui, oui, je veux bien être un âne (animal très doux...),

une andouille (celle de Bretagne est délicieuse...),

un bêta, un dadais (rapport avec un cheval dont le cerveau s'emballe ?),

un corniaud, un demeuré (j'habite ma propre maison...),

un nigaud, un simpleton, un naïf (on dirait le nom d'une fleur...),

et même, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il fasse soleil, un sot parfait.

 

Amour pour les faibles d'esprit (faibles ? Tu parles !) et admiration sans borne pour le prince Mychkine. Et d'accord aussi, une fois l'an, avec Boris Vian : dire des idioties, de nos jours où tout le monde réfléchit profondément, c'est le seul moyen de prouver qu'on a une pensée libre et indépendante.des idioties, de nos jours où tout le monde réfléchit profondément, c'est le seul moyen de prouver qu'on a une pensée libre et indépendante.

 

Benoîtement, je poursuis mon bienheureux bonhomme de chemin à la lumière de ma bonne étoile...

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 07:00

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In Voraussicht, daß ich über Kurzem mit der schwersten Forderung an die Menschheit herantreten muß, die je an sie gestellt wurde, scheint es mir unerläßlich, zu sagen, wer ich bin. Im Grunde dürfte man's wißen : denn ich habe mich nicht "unbezeugt gelaßen". Das Mißverhältniss aber zwischen der Größe meiner Aufgabe und der Kleinheit meiner Zeitgenoßen ist darin zum Ausdruck gekommen, daß man mich weder gehört, noch auch nur gesehn hat. Ich lebe auf meinen eignen Credit hin, es ist vielleicht bloß ein Vorurtheil, daß ich lebe?… Ich brauche nur irgend einen "Gebildeten" zu sprechen, der im Sommer ins Oberengadin kommt, um mich zu überzeugen, daß ich nicht lebe… Unter diesen Umständen giebt es eine Pflicht, gegen die im Grunde meine Gewohnheit, noch mehr der Stolz meiner Instinkte revoltirt, nämlich zu sagen : Hört mich! denn ich bin der und der. Verwechselt mich vor Allem nicht !

 

(Friedrich Nietzsche, Ecce homo : Wie man wird, was man ist, 1908)

 

 

(En prévision que d'ici peu j'aurai à soumettre l'humanité à une exigence plus dure que celles qui lui ont jamais été imposées, il me paraît indispen­sable de dire ici qui je suis. Au fond, on serait à même de le savoir, car je ne suis pas resté sans témoigner de moi. Mais le désaccord entre la grandeur de ma tâche et la petitesse de mes contem­porains s'est manifesté par ceci que l'on ne m'a ni entendu ni même vu. Je vis sur le crédit que je me suis fait à moi-même, et, de croire que je vis, c'est peut être là seulement un préjugé !... Il me suffit de parler à un homme « cultivé » quelconque qui vient passer l'été dans l'Engadine supérieure, pour me convaincre que je ne vis pas... Dans ces condi­tions il y a un devoir contre lequel se révolte au fond ma réserve habituelle et, plus encore, la fierté de mes instincts, c'est le devoir de dire : Écoutez-moi, car je suis un tel. Avant tout ne me confondez pas avec un autre ! Traduction H. Albert, Mercure de France, 1908)

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 07:00

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Kosmos

 

Who includes diversity and is Nature,
Who is the amplitude of the earth, and the coarseness and sexuality of
the earth, and the great charity of the earth, and the equilibrium also,
Who has not look'd forth from the windows the eyes for nothing,
or whose brain held audience with messengers for nothing,
Who contains believers and disbelievers, who is the most majestic lover,
Who holds duly his or her triune proportion of realism,
spiritualism, and of the aesthetic or intellectual,
Who having consider'd the body finds all its organs and parts good,
Who, out of the theory of the earth and of his or her body
understands by subtle analogies all other theories,
The theory of a city, a poem, and of the large politics of these States;
Who believes not only in our globe with its sun and moon, but in
other globes with their suns and moons,
Who, constructing the house of himself or herself, not for a day
but for all time, sees races, eras, dates, generations,
The past, the future, dwelling there, like space, inseparable together.


 

Walt Whitman, Leaves of Grass, Book XXIV, Autumn Rivulets, 1892 

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 07:00

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Oui, au-delà de l'admission commune (la neige, le froid), il peut faire beau et chaud sur les places, dans les rues aux balcons fleuris et sur les toits-terrasses pour mille oiseaux de l'ancienne capitale polonaise.

 

Krakow. La vie détraquée de Cracovie au sortir de la dernière grande déflagration d'abord et de la guerre froide ensuite s'est remembrée et brille aujourd'hui d'un éclat étonnant. La cité qu'étudiant Copernic avait fréquentée abrite toujours des établissements d'enseignement supérieurs prestigieux : s'y promener emplit largement vos semaines. Et si cela ne suffit pas, églises, chapelles et théâtres pourvoiront à votre curiosité -les noms de Jan Niecisław Baudouin de Courtenay et de Tadeusz Kantor signifient encore quelque chose dans le coin.

 

Mais...

 

J'ai beau savourer un roboratif petit-déjeuner servi dans de la porcelaine fine sur nappes blanches en compagnie d'étudiants tous plus volubiles les uns que les autres sur la Rynek Główny, la grand' place locale, je ressens un malaise de nature pernicieuse. L'écrin architectural, la rumeur de la ville et même le soleil abondant d'aujourd'hui m'apparaissent brutalement factices. Une ruralité torve, très Mitteleuropa, s'agite d'un seul coup sous mes yeux dans ce décorum :  inquiétante jovialité excessive.

 

L'esprit de l'escalier me pousse à mettre un pied dans le plat. Je pose cette question à mes voisins étudiants : 

 

- Et Auschwitz dans tout ça ? 

- Auschwitz ? Ah, vous voulez dire Oświęcim ? 

- Oui, le Konzentrationslager Auschwitz qui se trouve à quelques kilomètres d'ici...

- C'est du passé, de l'histoire ancienne, on en a marre d'entendre parler de ça. Oui, on comprend, vous êtes un touriste...

- Ah, bon ?

 

En Petite-Pologne, on peut parler de tout, mais on ne peut pas parler de tout. J'aurais pu continuer et mettre le deuxième pied dans le plat. J'avais mieux à faire : sortir de la ville, quitte à emprunter, une fois de plus, la grande route rectiligne et, par endroits, complètement défoncée, qui mène dangereusement jusqu'à Varsovie. Et je me disais qu'il aura fallu attendre pas mal d'années (par exemple, le tournage sur place, en 1992, de La Liste de Schindler par Steven Spielberg) pour que le quartier juif de Cracovie - Kazimierz - connaisse une réhabilitation officielle bien concrète.

 

Milieu de l'après-midi. 


Un endroit ombragé à l'écart du vacarme autoroutier.


La voiture et son chauffeur ont besoin de se reposer.


En tailleur sur un talus, je tire des provisions de mon sac.


Et pense à ceux qui, au fond du gouffre, n'ont pas eu cette chance, hier à l'échelle des temps historiques, de toucher des lèvres un simple quignon de pain.

 

À l'Ouest, soudain, dans un ciel chauffé à blanc, un vol de colombes...

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