7 août 2019 3 07 /08 /août /2019 06:00
Ouvert l'été

Paris au mois d'août, le charme de certain quartiers.

 

Oui, « intimidées et silencieuses », dit l'auteur que lisait Blaise Cendrars, les rares voitures qui montent de la Seine s'arrêtent aux passages pour les flâneurs des deux rives.

 

Un tour au musée Guimet. Le musée de mon enfance avec le musée de l'Homme et celui de la Marine. Ainsi que dans les meilleurs haïkus, nous sommes trois à nous présenter au guichet : une Argentine venue découvrir les joyaux  plastiques de la France, un Japonais chargé d'un reportage documentaire, et moi.

 

Pendant que le Japonais bardé d'appareils numériques s'enquiert auprès du vigile des démarches à effectuer et des kilomètres de formulaires administratifs à remplir, j'entraîne la belle Argentine brune dans le dédale des galeries. Laura parle très bien la langue de Voltaire, un avantage, et mon espagnol est tout à fait acceptable. Comme dit l'autre, je bénéficie aussi du suffrage à vue, ce qui est un second trésor.

 

Nous admirons la statuaire asiatique, les bouddhas baroques et les paravents multicolores. La belle de Buenos Aires ne prend aucune note. Nous voyant très vivants, nous nous imprégnons de beauté. Au bout d'une heure, sous l'œil pudique d'un sage birman tout de bronze vêtu, Laura me prend la main. Une main chaude. Elle sait ce qu'elle veut. L'érotisme et la vie, l'immédiate parfaite adéquation. Sur son visage, ce sourire mutin, un ravissement. De couloirs en paliers, de vestibules en coins déserts, nous rions beaucoup, et plus encore lorsque l'étoile Laura lit mon carnet :

 

« Je n'ai rien de spécial

à vous offrir.

Juste une fleur de lotus

dans un petit vase

à contempler longuement. »

 

Au temps fragile, cette clairière...

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