5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 07:00

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La chevauchée des steppes...

 

 

 

À l'aéroport de Glasgow, entre deux avions, remontant toujours plus haut vers le Nord, je tombe sur une vieille connaissance (quelques quarante printemps, voix d'ange et chevelure moussante !) qui revient d'une traversée pédestrement épique dans le Caucase géorgien. Échanges rapides, sur le fil du vif. Monts tantôt verdoyants, tantôt obscurs. Glaciers et pins noueux. Bergers, idiomes, villages à la simplicité rendus, conflits au lointain, myriades de peuples, symbiose des religions, le fleuve Tushetis-Alazani, les bordures de la Khevsourétie, la Khakétie, hordes de chevaux, la Chiraquie, errances, transhumances, nomadisme...

 

— Salut !

— À bientôt !

 

Je connais certaines enclaves géographiques écossaises qui me font aussitôt voyager aux confins du Caucase. L'Asie et l'Europe rendent la sensation de s'interpeller. Prenant mes quartiers dans l'hôtel qui surplombe la baie, je consulte l'atlas. J'ai toujours un petit atlas avec moi, de soin solide, qui porte à ma connaissance toutes les indications topographiques nécessaires de façon bien lisible.

 

L'aigle du Caucase... Qui se souvient de Prométhée ? Sur la carte, voici la Touchétie. Qu’es aquò ? Entre la mer Noire et la Caspienne. Volcans et sentes escarpées. Un massif mythologique pour certains. Une abruptitude élémentaire pour moi. Je me verse une rasade de whisky et vois la chevelure caracolant au vent d'hiver...

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 07:00

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L'essentiel...

 

 

Hardie marche nocturne. 

 

Ponts et carillons.

 

Un peu de lecture :

 

« — Eh bien, si nous ne soupons pas dans la haute, dit mon ami, je ne sais guère où nous irions à cette heure-ci. Pour la Halle, il est trop tôt encore. J’aime que cela soit peuplé autour de moi. — Nous avions récemment, au boulevard du Temple, dans un café près de l’Épi-Scié, une combinaison de soupers à un franc, où se réunissaient principalement des modèles, hommes et femmes, employés quelquefois dans les tableaux vivants ou dans les drames et vaudevilles à poses. Des festins de Trimalcion comme ceux du vieux Tibère à Caprée. On a encore fermé cela.  

— Pourquoi ?

— Je le demande. Es-tu allé à Londres ?

— Trois fois.

— Eh bien, tu sais la splendeur de ses nuits, auxquelles manque trop souvent le soleil d’Italie? Quand on sort de Majesty-Theater, ou de Drury-Lane, ou de Covent-Garden, ou seulement de la charmante bonbonnière du Strand dirigée par madame Céleste, l’âme excitée par une musique bruyante ou délicieusement énervante (oh ! les Italiens !), par les facéties de je ne sais quel clown, par des scènes de boxe que l’on voit dans des box..., l’âme, dis-je, sent le besoin, dans cette heureuse ville où le portier manque, — où l’on a négligé de l’inventer, — de se remettre d’une telle tension. La foule alors se précipite dans les boeuf-maisons, dans les huître-maisons, dans les cercles, dans les clubs et dans les saloons !

— Que m’apprends-tu là ! Les nuits de Londres sont délicieuses ; c’est une série de paradis ou une série d’enfers, selon les moyens qu’on possède. Les gin-palace (palais de genièvre) resplendissants de gaz, de glaces et de dorures, où l’on s’enivre entre un pair d’Angleterre et un chiffonnier... Les petites filles maigrelettes qui vous offrent des fleurs. Les dames des wauxhalls et des amphithéâtres, qui, rentrant à pied, vous coudoient à l’anglaise, et vous laissent éblouis d’une désinvolture de pairesse ! Des velours, des hermines, des diamants, comme au théâtre de la Reine !... De sorte que l’on ne sait si ce sont les grandes dames qui sont des...

— Tais-toi ! »

 

Il vous est loisible de vérifier par vous-même...

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 06:00

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I write to cover a frame of ideas...

 

 

Traversé Sandgate.

 

Géologie de la Manche.

 

Mouettes qui migrent à l'Ouest.

 

  Gamins en équilibre sur des rollers.

 

Juke-box dans les tympans.

 

Cinéma de l'angle.

 

Affiches en technicolor.

 

Armageddon, Excalibur, Terminator.

 

C'est drôle, l'anagramme de tea.

 

Well, it isn't that funny.

 

Froid piquant d'octobre pluvieux.

 

Vu l'endroit, Spade House.

 

Écusson vert pour lettres dorées.

 

Science de la fiction.

 

Ses livres dans la bibliothèque mondiale.

 

The Time Machine : utile.

 

Surtout The Outlook for Homo Sapiens.

 

Première publication : 1942.

 

Synthèse perpectiviste de The Fate of Man & de The New World Order.

 

Nouvel ordre mondial.

 

Le début noté avant le départ :

 

« In this small book I want to set down as compactly, clearly and usefully as possible the gist of what I have learnt about war and peace in the course of my life. I am not going to write peace propaganda here. I am going to strip down certain general ideas and realities of primary importance to their framework, and so prepare a nucleus of useful knowledge for those who have to go on with this business of making a world peace. »

 

La fin aussi :

 

« There is nothing really novel about this book. But there has been a certain temerity in bringing together facts that many people have avoided bringing together for fear they might form an explosive mixture. »

 

On sait l'anglais.

 

À quoi bon traduire ?

 

Repars dans le jour incertain.

 

Proprette, la gare.

 

Kiosque à journaux.

 

Scénario comique : crise économique.

 

Troisième degré.

 

Odeur de poudre montant des news.

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 06:00

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Des forces contraires... Vraiment ?

 

 

Le nom sur la carte, le globe, la mappemonde.

 

Qui n'a jamais rêvé de se promener dans le couloir maritime d'Arkhangelsk ?

 

Il y a des lieux comme ça. Des toponymies. Des topologies.

 

Nijni Novgorod. Sakhaline. Baïkal.

 

Denses forêts de pins. Cristal de neige. Saumon caracolant.

 

Parfois un pin solitaire.

 

Une attraction étrange.

 

Ce morceau de roche noire au fort de ma main.

 

Loups et ours.

 

Brume lumineuse.

 

Je vais vous dire : je connais un coin...

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 06:00

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Neukunstgruppe...

 

 

En veux-tu en voilà. De la culture. Titre d'une thèse.

 

Plus au Sud. Après la Hollande. Déguste un fin cigarillo sous le soleil quasi automnal.

 

Dans la poche, un livre. Il s'ouvre à la bonne page :

 

« Quand l'acte de création, en tant qu'évènement singulier, ressort de l'œuvre même, alors il y a création et non production. »

 

CQFD.

 

Et bonne journée !

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 06:00

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Une existence charmante...

 

 

Du bruit et de la gêne partout.

 

Faut-il ou non revoir le code du travail ?

 

Je vous pose la question.

 

Pendant ce temps-là, Amsterdam m'offre son hospitalité. Le calme – alors que tant d'autres font des singeries.

 

Une douceur sans mélange qui contraste avec la cruelle dévastation alentour.

 

Lecture :

 

Longtemps au pied du perron de
La maison où entra la dame
Que j'avais suivie pendant deux
Bonnes heures à Amsterdam
Mes doigts jetèrent des baisers

Mais le canal était désert
Le quai aussi et nul ne vit
Comment mes baisers retrouvèrent
Celle à qui j'ai donné ma vie
Un jour pendant plus de deux heures

Je la surnommai Rosemonde
Voulant pouvoir me rappeler
Sa bouche fleurie en Hollande
Puis lentement je m'en allai
Pour quêter la Rose du Monde


 

Le brouillard se dissipe. Je m'éveille. La couleur de l'eau soudain s'éclaircit.

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 06:00

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Expérience du lieu...

 

 

Tout autour s'enfonce dans la pesanteur prématurée de l'hiver. Le chômage grimpe en flèche, les cours de la bourse zigzaguent, les hommes s'étripent. Mais aucun individu européen n'est d'accord avec son voisin quant aux décisions qui à l'évidence s'imposent. Du coup, épargné du vil urbain et de l'impasse rustique, je me réjouis à déambuler au secret de Venise. Géographie du voyage intime. Couloirs du temps. Dans l'air frais ce matin de septembre, les mouettes blanches vont et viennent de l'espace sauvage à l'espace civilisé, et repartent d'un battement d'aile en direction de San Michele, locus amoenus.

 

Je marche vers le nord de la cité. Deux ou trois chats me saluent, qui me reconnaissent. Dans la poche de mon imperméable, un éloge de Schopenhauer. Pas de mesurette. Surtout en matière d'éducation. La base. Revenir à la radicalité des fondamentaux.

 

Au bord de la lagune, au bord ultime, lecture intempestive :

 

« Ce voyageur, qui avait vu beaucoup de pays et de peuples, et visité plusieurs parties du monde, et à qui l’on demandait quel était le caractère général qu’il avait retrouvé chez tous les hommes, répondait que c’était leur penchant à la paresse. Certaines gens penseront qu’il eût pu répondre avec plus de justesse : ils sont tous craintifs. Au fond, tout homme sait fort bien qu’il n’est sur la terre qu’une seule fois, en un exemplaire unique, et qu’aucun hasard, si singulier qu’il soit, ne réunira, pour la seconde fois, en une seule unité, quelque chose d’aussi multiple et d’aussi curieusement mêlé que lui. Il le sait, mais il s’en cache, comme s’il avait mauvaise conscience. Pourquoi ? Par crainte du voisin, qui exige la convention et s’en enveloppe lui-même. Mais qu’est-ce qui force l’individu à craindre le voisin, à penser, à agir selon le mode du troupeau, et à ne pas être content de lui-même ? La pudeur peut-être chez certains, mais ils sont rares. Chez le plus grand nombre, c’est le goût des aises, la nonchalance, bref ce penchant à la paresse dont parle le voyageur. Il a raison : les hommes sont encore plus paresseux que craintifs, et ce qu’ils craignent le plus ce sont les embarras que leur occasionneraient la sincérité et la loyauté absolues. Les artistes seuls détestent cette attitude relâchée, faite de convention et d’opinions empruntées, et ils dévoilent le mystère,  ils montrent la mauvaise conscience de chacun, affirmant que tout homme est un mystère unique. Ils osent nous montrer l'homme tel qu'il est lui-même et lui seul, jusque dans tous ses mouvements musculaires ; et mieux encore, que, dans la stricte conséquence de son individualité, il est beau et digne d'être contemplé, qu'il est nouveau et incroyable comme toute œuvre de la nature, et nullement ennuyeux. Quand le grand pen­seur méprise les hommes, il méprise leur paresse, car c'est à cause d'elle qu'ils ressemblent à une marchan­dise fabriquée, qu'ils paraissent sans intérêt, indignes qu'on s'occupe d'eux et qu'on les éduque. L'homme qui ne veut pas faire partie de la masse n'a qu'à cesser de s'accommoder de celle-ci ; qu'il obéisse à sa conscience qui lui dit : « Sois toi-même ! Tout ce que tu fais mainte­nant, tout ce que tu penses et tout ce que tu désires, ce n'est pas toi qui le fais, le penses et le désires. »

 

 

(Nietzsche, Schopenhauer éducateur, Mercure de France, 1922)

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 06:00

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Tiens, ce relevé dans mon agenda :

 

« L'absorption de cinq substances, découvertes depuis environ deux siècles et introduites dans l'économie humaine, a pris depuis quelques années des développements si excessifs, que les sociétés modernes peuvent s'en trouver modifiées d'une manière inappréciable.

 

Ces cinq substances sont :

 

1° L'eau-de-vie ou alcool, base de toutes les liqueurs, dont l'apparition date des dernières années du règne de Louis XIV, et qui furent inventées pour réchauffer les glaces de sa vieillesse.

2° Le sucre. Cette substance n'a envahi l'alimentation populaire que récemment, alors que l'industrie française a su la fabriquer en grandes quantités et la remettre à son ancien prix, lequel diminuera certes encore, malgré le fisc, qui la guette pour l'imposer.

3° Le thé, connu depuis une cinquantaine d'années.

4° Le café. Quoique anciennement découvert par les Arabes, l'Europe ne fit un grand usage de cet excitant que vers le milieu du dix-huitième siècle.

5° Le tabac, dont l'usage par la combustion n'est devenu général et excessif que depuis la paix en France.

 

Examinons d'abord la question, en nous plaçant au point de vue le plus élevé.

 

Une portion quelconque de la force humaine est appliquée à la satisfaction d'un besoin ; il en résulte cette sensation, variable selon les tempéraments et selon les climats, que nous appelons plaisirs. Nos organes sont les ministres de nos plaisirs. Presque tous ont une destination double : ils appréhendent des substances, nous les incorporent, puis les restituent, en tout ou en partie, sous une forme quelconque, au réservoir commun, la terre, ou à l'atmosphère, l'arsenal dans lequel toutes les créatures puisent leur force néocréative. Ce peu de mots comprend la chimie de la vie humaine.

Les savants ne morderont point sur cette formule. Vous ne trouverez pas un sens, et par sens il faut entendre tout son appareil, qui n'obéisse à cette charte, en quelque région qu'il fasse ses évolutions. Tout excès se base sur un plaisir que l'homme veut répéter au delà des lois ordinaires promulguées par la nature. Moins la force humaine est occupée, plus elle tend à l'excès ; la pensée l'y porte irrésistiblement. »

 

Relire De Quincey sous le tilleul...

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10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 06:00

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Plus dégourdi que Péguy...

 

 


« Beargrass-Creek, l’un de ces délicieux cours d’eau qui arrosent les riches cultures du Kentucky, serpente sous les épais ombrages de superbes forêts de hêtres au milieu desquels sont dispersées diverses espèces de noyers, de chênes, d’ormes et de frênes qui le couvrent tout au long sur chacun de ses bords. C’est là, près de Louisville, que je fus témoin de la fête destinée à célébrer l’anniversaire de la glorieuse proclamation de notre indépendance. Au loin, dans l’ouest, les bois déployaient leur majestueux rideau de verdure, jusque vers les beaux rivages de l’Ohio ; tandis que, vers l’est et le sud, leurs cimes ondoyaient par-dessus les campagnes aux pentes légèrement inclinées. Sur chaque lieu découvert apparaissait une plantation, souriant dans la pleine abondance d’une moisson d’été, et le fermier semblait rester en extase devant la magnificence d’un tel spectacle. Les arbres de ses vergers inclinaient leurs branches, comme impatients de rendre à leur mère, la terre, les fruits dont ils étaient chargés ; nonchalamment étendus sur l’herbe, les troupeaux ruminaient à loisir, et la chaleur naturelle à la saison les invitait encore à s’abandonner plus complètement au repos.  


Libre et franc de cœur, hardi, droit, et s’enorgueillissant de ses aïeux virginiens, le Kentuckyen a fait ses préparatifs pour célébrer comme d’habitude l’anniversaire de l’indépendance de son pays. Ou est sûr qu’aux environs ils sont tous d’un même accord : qu’est-il besoin d’invitation personnelle, là où chacun est toujours bien reçu de son voisin ; là où, depuis le Gouverneur jusqu’au simple garçon de charrue, tout le monde se rencontre, l’allégresse dans l’âme et la joie sur le visage ?


C’était, en effet, un bien beau jour ! Le soleil étincelant montait dans le clair azur des cieux ; l’haleine caressante du zéphyr embaumait les alentours du parfum des fleurs ; les petits oiseaux modulaient leurs chants les plus doux sous l’ombrage, et des milliers d’insectes tourbillonnaient et dansaient dans les rayons du soleil ; fils et filles de la Colombie semblaient s’être réveillés plus jeunes ce matin-là. Depuis une semaine et plus, serviteurs et maîtres n’étaient occupés qu’à préparer une place convenable. On avait soigneusement coupé le taillis ; les basses branches des arbres avaient été élaguées, et l’on n’avait laissé que l’herbe, verdoyant et gai tapis pour le sylvestre pavillon. C’était à qui donnerait bœuf, jambon, venaison, poule d’Inde et autres volailles ; là se voyaient des bouteilles de toutes les boissons en usage dans la contrée ; la belle rivière avait mis à contribution le peuple écaillé de ses ondes ; melons de toutes sortes, pêches, raisins et poires eussent  suffi pour approvisionner un marché ; en un mot, le Kentucky, la terre de l’abondance, avait fait fête à ses enfants. »


 

Passé le 31 août, ils vont s'enfoncer dans les marnes :

 


« Vous n’avez plus connu la prodigalité
D’un monde qui savait se refaire à mesure.
Vous n’avez plus connu cette impudente usure
D’un monde ivre de sève et de vitalité.
 
Vous n’avez plus connu que de l’eau d’un canal.
Et le ménagement, et l’écluse, et le bief.
Et le gouvernement sous un si pauvre chef.
Et le lanternement sous un maigre fanal. »

 

 

Allez, New York, 57th Street...

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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 06:00

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Les symptômes visuels...

 

 

 

« Trois mois après que je fus mousquetaire, c'est-à-dire en mars de l'année suivante, le roi fut à Compiègne faire la revue de sa maison et de la gendarmerie, et je montai une fois la garde chez le roi. Ce petit voyage donna lieu de parler d'un plus grand. Ma joie en fut extrême; mais mon père, qui n'y avait pas compté, se repentit bien de m'avoir cru et me le fit sentir. Ma mère, après un peu de dépit et de bouderie de m'être ainsi enrôlé par mon père malgré elle, ne laissa pas de lui faire entendre raison et de me faire un équipage de trente-cinq chevaux ou mulets, et de quoi vivre honorablement chez moi soir et matin. Ce ne fut pas sans un fâcheux contretemps, précisément arrivé vingt jours avant mon départ. Un nommé Tessé, intendant de mon père, qui demeurait chez lui depuis plusieurs années, disparut tout à coup et lui emporta cinquante mille livres qui se trouvèrent dues à tous les marchands dont il avait produit de fausses quittances dans ses comptes. C'était un petit homme, doux, affable, entendu, qui avait montré du bien, qui avait des amis, avocat au parlement de Paris, et avocat du roi au bureau des finances de Poitiers. »

 

On ne veut rien voir, rien savoir ? Langue de bois et arguments marketing.

 

Pendant ce temps-là, la tirelire s'invite chez l'oiseau de paradis...

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