3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 07:00

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Qu'ont-ils vu ?

 

 

Il fait froid. Au coin de la cheminée, les flocons tourbillonnent, un bon livre à la main :

 

 

« Quatre jours après, l’Halbrane relevait cette curieuse île de Tristan d’Acunha, dont on a pu dire qu’elle est comme la chaudière des mers africaines.

Certes, c’était un fait bien extraordinaire, cette rencontre à plus de cinq cents lieues du cercle antarctique, cette apparition du cadavre de Patterson ! À présent, voici que le capitaine de l’Halbrane et son frère le capitaine de la Jane étaient rattachés l’un à l’autre par ce revenant de l’expédition d’Arthur Pym !… Oui ! cela doit sembler invraisemblable… Et qu’est-ce donc, pourtant, auprès de ce que j’ai à raconter encore ?…

Au surplus, ce qui me paraissait, à moi, aller jusqu’aux limites de l’invraisemblance, c’était que le roman du poète américain fût une réalité. Mon esprit se révolta d’abord… Je voulus fermer les yeux à l’évidence !…

Finalement, il fallut se rendre, et mes derniers doutes s’ensevelirent avec le corps de Patterson dans les profondeurs de l’Océan.

Et, non seulement le capitaine Len Guy s’enchaînait par les liens du sang à cette dramatique et véridique histoire, mais – comme je l’appris bientôt – notre maître-voilier s’y reliait aussi. En effet, Martin Holt était le frère de l’un des meilleurs matelots du Grampus, l’un de ceux qui avaient dû périr avant le sauvetage d’Arthur Pym et de Dirk Peters opéré par la Jane.

Ainsi donc, entre le 83e et le 84e parallèles sud, sept marins anglais, actuellement réduits à six, avaient vécu depuis onze ans sur l’île Tsalal, le capitaine William Guy, le second Patterson et les cinq matelots de la Jane qui avaient échappé – par quel miracle ? – aux indigènes de Klock-Klock !… »

 

On ne fait pas mieux.

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 07:00

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L'homme solitaire, ami du temps libre, se lève...

 

 

Ils grattent les montagnes, retournent les champs, draguent le fond des mers. De tous les coins du monde, je reçois des coupures de presse sur l'altération inévitablement définitive des plus beaux écosystèmes qui soient. À la bourse de l'immonde, l'or jaune vaut désormais aussi cher que l'or noir. En Asie du Sud-Est, je me souviens avoir vu des pelleteuses qui charriaient des quantités gargantuesques de sable destiné à la maçonnerie. Et les navires qu'on appelle sabliers sont aujourd'hui à l'œuvre partout sur la planète. La plupart du temps, les édiles haussent les épaules et l'on assiste, entre dégoût et  quasi impuissance, à la fin d'un monde.

 

Trois jours en Vaucluse écarté de la guerre crétine des profits.

 

J'ouvre le livre : De vita solitaria.

 

L'otium, au moins ça de gagné.

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 07:00

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On peut voir rouge ou passer son chemin...


 

Plus ça change, plus c'est la même chose... L'actualité qui n'en est jamais vraiment une...

 

De retour d'Écosse — on a pu mettre en perspective, common decency oblige, ce que le récent référendum a produit — je trouve dans ma boîte aux lettres un prospectus rutilant envoyé par mon FAI (fournisseur d'accès à l'Internet) qui m'annonce, grammaire mandarinale et vocabulaire fleuri en caractères contrastés, que je suis, je cite, « éligible à la fibre » et me vante à gros renfort de ficelles commerciales, dans et entre les lignes, le bénéfice d'une installation jusqu'à ma maison, mon salon et, pourquoi pas ?, mon lit pour profiter au mieux de services (sic) dont je n'ai nul besoin. Je passe sur les mails, pardon, courriels pour parler comme nos amis Canadiens, qui m'ont relancé, tancé, abusé pendant plusieurs jours.

 

Ce dont j'ai besoin, c'est d'une connexion fiable par tous les temps, qui me laisse justement du temps pour faire autre chose que de la maintenance (débrouillardise) informatique matin, midi et soir vu les réalités dépréciatives ultra concrètes sur le terrain ici comme ailleurs, réalités qui ne vont pas en s'arrangeant contrairement aux idées reçues... J'utilise les technologies nouvelles avec discernement.

 

Je pousse, malgré tout, la curiosité jusqu'à prendre un rendez-vous avec l'équipe (équipe ?) d'experts techniques. Les experts... Eux savent... Ils savent si bien qu'ils n'ont même pas pris la peine d'établir un audit préalable de la situation physique, audit selon l'expression consacrée. En vrai, ils n'écoutent pas et n'entendent que leur satané cahier des charges. Le Diable est toujours dans les détails.

 

— Ouh là, vos murs font près d'un mètre d'épaisseur ! On va pas pouvoir percer !

 

Force moulinets de bras et dodelinements méridionaux des têtes.

 

— Je me suis pourtant fendu de longues conversations téléphoniques avec vos services respectifs pour vous décrire au plus juste la configuration locale...

 

Trois fois sur quatre, je reste zen (langage branché...) quant à l'avancée façon char d'assaut de la Technique (majuscule de circonstance) à l'époque d'antique modernisme. Un certain Martin brossé ces jours-ci comme, de reste, à l'accoutumée comme un vilain bonhomme au passif sulfureux a rempli des centaines de feuillets sur le sujet... Mais là, la moutarde commençait à me monter au nez.

 

— Ah, nous, on est la société qui sous-traite. On n'est pas le service commercial...

— C'est sûr. À l'évidence, sans paraître désobligeant, cette méthode de travail n'est pas la bonne...

— Ah, vous savez, chacun travaille dans son secteur. Et puis, de toute les façons, il va falloir changer toutes les paires de cuivre, les raccordements, et puis, on sait pas ce qu'on va trouver...

— Bref, vous ne voulez pas faire le travail...

— Ah, mais c'est trop compliqué. Pour un logement collectif ou un bâtiment public, je ne dis pas, mais là...

— Comment ça ? En tant que citoyen, je ne peux pas...

— Ah, nous, c'est ça la procédure pour les particuliers... On a des ordres... Tous vos appareils doivent être groupés au même endroit... Il faut faire simple... Et il faut prendre la box...

— La box ?

— Oui, c'est obligatoire... Et il y a un abonnement mensuel...

— OK. Je ne suis pas convaincu que la simplicité l'emporte... Restons-en là.

 

Le grand plan numérique, tu parles ! Incantations parlementaires.

 

Un jeune se serait exclamé : « Foutage de gueule ! ».

 

Numérique ou analogique, autre titre possible.

 

Analogique, c'est dans mon ADN.

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 07:00

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Qui ? Quoy ? Comment ? À qui ? Pourquoi ?

 

 

L'amour en charpie ?

 

J'ouvre le livre :

 

« Beaulté lors vint, de costé moy s'assist,

Ung peu se teut, puis doulcement m'a dist:

Amy, certes, je me donne merveille

Que tu ne veulx pas que l'en te conseille;

Au fort saiches que tu ne peuz choisir,

Il te convient à Amour obeir;

Mes yeulx prindrent fort à la regarder,

Plus longuement ne les en peu garder;

Quant Beaulté vit que je la regardoye,

Tost par mes yeulx ung dard au cueur m'envoye. »

 

 

On saura apprécier...

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 07:00

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La chevauchée des steppes...

 

 

 

À l'aéroport de Glasgow, entre deux avions, remontant toujours plus haut vers le Nord, je tombe sur une vieille connaissance (quelques quarante printemps, voix d'ange et chevelure moussante !) qui revient d'une traversée pédestrement épique dans le Caucase géorgien. Échanges rapides, sur le fil du vif. Monts tantôt verdoyants, tantôt obscurs. Glaciers et pins noueux. Bergers, idiomes, villages à la simplicité rendus, conflits au lointain, myriades de peuples, symbiose des religions, le fleuve Tushetis-Alazani, les bordures de la Khevsourétie, la Khakétie, hordes de chevaux, la Chiraquie, errances, transhumances, nomadisme...

 

— Salut !

— À bientôt !

 

Je connais certaines enclaves géographiques écossaises qui me font aussitôt voyager aux confins du Caucase. L'Asie et l'Europe rendent la sensation de s'interpeller. Prenant mes quartiers dans l'hôtel qui surplombe la baie, je consulte l'atlas. J'ai toujours un petit atlas avec moi, de soin solide, qui porte à ma connaissance toutes les indications topographiques nécessaires de façon bien lisible.

 

L'aigle du Caucase... Qui se souvient de Prométhée ? Sur la carte, voici la Touchétie. Qu’es aquò ? Entre la mer Noire et la Caspienne. Volcans et sentes escarpées. Un massif mythologique pour certains. Une abruptitude élémentaire pour moi. Je me verse une rasade de whisky et vois la chevelure caracolant au vent d'hiver...

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 07:00

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L'essentiel...

 

 

Hardie marche nocturne. 

 

Ponts et carillons.

 

Un peu de lecture :

 

« — Eh bien, si nous ne soupons pas dans la haute, dit mon ami, je ne sais guère où nous irions à cette heure-ci. Pour la Halle, il est trop tôt encore. J’aime que cela soit peuplé autour de moi. — Nous avions récemment, au boulevard du Temple, dans un café près de l’Épi-Scié, une combinaison de soupers à un franc, où se réunissaient principalement des modèles, hommes et femmes, employés quelquefois dans les tableaux vivants ou dans les drames et vaudevilles à poses. Des festins de Trimalcion comme ceux du vieux Tibère à Caprée. On a encore fermé cela.  

— Pourquoi ?

— Je le demande. Es-tu allé à Londres ?

— Trois fois.

— Eh bien, tu sais la splendeur de ses nuits, auxquelles manque trop souvent le soleil d’Italie? Quand on sort de Majesty-Theater, ou de Drury-Lane, ou de Covent-Garden, ou seulement de la charmante bonbonnière du Strand dirigée par madame Céleste, l’âme excitée par une musique bruyante ou délicieusement énervante (oh ! les Italiens !), par les facéties de je ne sais quel clown, par des scènes de boxe que l’on voit dans des box..., l’âme, dis-je, sent le besoin, dans cette heureuse ville où le portier manque, — où l’on a négligé de l’inventer, — de se remettre d’une telle tension. La foule alors se précipite dans les boeuf-maisons, dans les huître-maisons, dans les cercles, dans les clubs et dans les saloons !

— Que m’apprends-tu là ! Les nuits de Londres sont délicieuses ; c’est une série de paradis ou une série d’enfers, selon les moyens qu’on possède. Les gin-palace (palais de genièvre) resplendissants de gaz, de glaces et de dorures, où l’on s’enivre entre un pair d’Angleterre et un chiffonnier... Les petites filles maigrelettes qui vous offrent des fleurs. Les dames des wauxhalls et des amphithéâtres, qui, rentrant à pied, vous coudoient à l’anglaise, et vous laissent éblouis d’une désinvolture de pairesse ! Des velours, des hermines, des diamants, comme au théâtre de la Reine !... De sorte que l’on ne sait si ce sont les grandes dames qui sont des...

— Tais-toi ! »

 

Il vous est loisible de vérifier par vous-même...

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 06:00

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I write to cover a frame of ideas...

 

 

Traversé Sandgate.

 

Géologie de la Manche.

 

Mouettes qui migrent à l'Ouest.

 

  Gamins en équilibre sur des rollers.

 

Juke-box dans les tympans.

 

Cinéma de l'angle.

 

Affiches en technicolor.

 

Armageddon, Excalibur, Terminator.

 

C'est drôle, l'anagramme de tea.

 

Well, it isn't that funny.

 

Froid piquant d'octobre pluvieux.

 

Vu l'endroit, Spade House.

 

Écusson vert pour lettres dorées.

 

Science de la fiction.

 

Ses livres dans la bibliothèque mondiale.

 

The Time Machine : utile.

 

Surtout The Outlook for Homo Sapiens.

 

Première publication : 1942.

 

Synthèse perpectiviste de The Fate of Man & de The New World Order.

 

Nouvel ordre mondial.

 

Le début noté avant le départ :

 

« In this small book I want to set down as compactly, clearly and usefully as possible the gist of what I have learnt about war and peace in the course of my life. I am not going to write peace propaganda here. I am going to strip down certain general ideas and realities of primary importance to their framework, and so prepare a nucleus of useful knowledge for those who have to go on with this business of making a world peace. »

 

La fin aussi :

 

« There is nothing really novel about this book. But there has been a certain temerity in bringing together facts that many people have avoided bringing together for fear they might form an explosive mixture. »

 

On sait l'anglais.

 

À quoi bon traduire ?

 

Repars dans le jour incertain.

 

Proprette, la gare.

 

Kiosque à journaux.

 

Scénario comique : crise économique.

 

Troisième degré.

 

Odeur de poudre montant des news.

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 06:00

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Des forces contraires... Vraiment ?

 

 

Le nom sur la carte, le globe, la mappemonde.

 

Qui n'a jamais rêvé de se promener dans le couloir maritime d'Arkhangelsk ?

 

Il y a des lieux comme ça. Des toponymies. Des topologies.

 

Nijni Novgorod. Sakhaline. Baïkal.

 

Denses forêts de pins. Cristal de neige. Saumon caracolant.

 

Parfois un pin solitaire.

 

Une attraction étrange.

 

Ce morceau de roche noire au fort de ma main.

 

Loups et ours.

 

Brume lumineuse.

 

Je vais vous dire : je connais un coin...

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 06:00

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Neukunstgruppe...

 

 

En veux-tu en voilà. De la culture. Titre d'une thèse.

 

Plus au Sud. Après la Hollande. Déguste un fin cigarillo sous le soleil quasi automnal.

 

Dans la poche, un livre. Il s'ouvre à la bonne page :

 

« Quand l'acte de création, en tant qu'évènement singulier, ressort de l'œuvre même, alors il y a création et non production. »

 

CQFD.

 

Et bonne journée !

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 06:00

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Une existence charmante...

 

 

Du bruit et de la gêne partout.

 

Faut-il ou non revoir le code du travail ?

 

Je vous pose la question.

 

Pendant ce temps-là, Amsterdam m'offre son hospitalité. Le calme – alors que tant d'autres font des singeries.

 

Une douceur sans mélange qui contraste avec la cruelle dévastation alentour.

 

Lecture :

 

Longtemps au pied du perron de
La maison où entra la dame
Que j'avais suivie pendant deux
Bonnes heures à Amsterdam
Mes doigts jetèrent des baisers

Mais le canal était désert
Le quai aussi et nul ne vit
Comment mes baisers retrouvèrent
Celle à qui j'ai donné ma vie
Un jour pendant plus de deux heures

Je la surnommai Rosemonde
Voulant pouvoir me rappeler
Sa bouche fleurie en Hollande
Puis lentement je m'en allai
Pour quêter la Rose du Monde


 

Le brouillard se dissipe. Je m'éveille. La couleur de l'eau soudain s'éclaircit.

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