11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 07:00

File:Trousse de préparation de médicament.jpg

 

 

Trois fois par jour...

 

 

Un rhume et je trouve le remède en relisant ce fragment :

 

« La question de la chaleur et de la vie n’a pu être résolue pleinement que par le concours simultané de la physique, de la chimie et de la biologie. L’ancienne physiologie traitait empiriquement de la chaleur animale, mais sans en pouvoir expliquer l’origine. Il a fallu pour cela les découvertes de Lavoisier et les investigations plus modernes de la thermochimie. Après avoir montré comment naît cette chaleur, il importait d’enseigner ce qu’elle devient ; c’est la thermodynamique qui nous l’a révélé. Enfin l’expérimentation physiologique la plus délicate a pu seule déterminer les modifications qui surviennent chez les êtres vivants, lorsqu’ils sont soumis à l’influence d’une température soit supérieure, soit inférieure à celle qu’ils possèdent normalement. La médecine et l’hygiène tirent déjà profit des indications fournies à ce sujet par la science pure. On a reconnu que l’étude des variations de la chaleur animale dans les maladies a une importance notable pour la connaissance de celles-ci, et que le diagnostic aussi bien que le pronostic en reçoivent des lumières inattendues ».

 

Matin, midi et soir au soleil dans le jardin.

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 07:00

File:Ex-Voto Église Saint-André de Port à Port-en-Bessin DSCF2676.JPG

 

 

E la nave va...

 

 

Visiter les églises s'avère une saine occupation.

 

L'édifice au bord de l'eau resserre une foultitude d'ex-voto plus révélateurs les uns que les autres.

 

Celui-ci, esquif-nacelle qui s'élève avec perfection sans degré vers la voûte.

 

Je sors dans l'air frais. Des canards s'ébrouent sur la rive. Du carnet, cette note avant le départ :

 

« Nombreux sont ceux que l'on contraint de se confesser, mais on ne contraint personne à croire. Nulle liberté n'est plus grande que celle du jugement ; c'est pourquoi je la revendique à mon compte afin de ne pas la refuser aux autres ».

 

Requinqué.

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 07:00

 

 

Du spirituel dans l'art...

 

 

Le bel art moderne au Lenbachhaus Museum.

 

Klee et Macke y dialoguent tandis que tout bouge nerveusement alentour.

 

Le perron, les marches couvertes de mousse, les arbres interrogatifs.

 

Soudain, une trouée de lumière.

 

Le cavalier pictural m'emporte.

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 07:00

File:Français 2810, fol. 3v, Qubilaï donnant une tablette aux Polo.jpeg

 

 

Il faut que ça marche...

 

 

Grand plan numérique : l'annonce tutélaire.

 

À titre professionnel, je reçois par les câbles des tombereaux de messages qui sonnent à la conscience comme des injonctions à tous et à chacun.

 

Non sans flegme, je lis cette masse mystagogique regorgeant de néologismes plus ou moins heureux.

 

Et vous voulez que l'on se pose, encore !, la question de comprendre pourquoi, dans le champ éducatif, le premier dont les édiles devraient vraiment se soucier, les opérations cognitives fondamentales que sont le fait de savoir lire, écrire et calculer sont reléguées au deuxième, voire au troisième plan ?

 

Un conseil : repassez-vous le film.

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 07:00

File:Cuvier-35-Bouvreuil pivoine et Bec-croisé des sapins.jpg

 

 

Oiseaux, lances levées à toutes frontières de l'homme !....

 

 

Escapade dans le parc du Mercantour.

 

De la neige, un lac, encore de la neige.

 

Les investigations planétaires produisent ces temps-ci les plus éloquents des rapports : les espèces animales et florales, sauvages comme domestiques, fondent à vue de nez. Pas besoin pourtant de chercher bien loin pour en trouver la cause, connue, désormais, de tous.

 

Ce beau matin de froidure blanche, j'ai, figurez-vous, de la chance : un bouvreuil pivoine m'accompagne depuis un moment de branche en branche, « avec toutes choses errantes par le monde », et j'ajoute, très fragiles...

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 07:00

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La cuisine, il y a la mienne et celle des autres...

 

 

Une entrée en matière à la manière d'Audiard.

 

Pendant qu'ils s'affairent sur le plan de travail, je me promène dans la garrigue où les plantes aromatiques se serrent pour gagner un peu de chaleur. Blancheur spectrale des à-pics aux Baux-de-Provence.

 

Un résumé de la situation avant les agapes, juste avant :

 

« Prends un agneau, que tu dépouilleras comme d'habitude. Ôte-lui toutes les entrailles et lave bien l'intérieur, mais garde-lui les pieds. Ensuite, prends le poumon et le foie, que tu mettras à bouillir avec les autres entrailles. Mélange cette préparation avec du persil, du lard, d'autres épices, des raisins secs et du sel. Farcis-en l'agneau et recouds-le bien.
Certains, pour cette fête, remplacent cette farce par simplement les entrailles et les herbes.
Mets enfin l'agneau tout du long sur la broche, en attachant ses pieds à la manière du lièvre, afin qu'il ne bouge pas. Ce plat conviendra aux grands ».

 

De toutes les façons, du vin de Bordeaux en chaque circonstance...

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 07:00

File:Montmartre télégraphe dessin.jpg

 

 

L'an neuf...

 

 

Boîte aux lettres qui regorge de catalogues. Multimédia pour 2015.

 

Le sac à dos est prêt : crayons, feutres, carnets.

 

Direction l'océan écumeux et ragaillardi par les tempêtes d'octobre.

 

Seul sur le front de l'Ouest.

 

Lecture avant le départ :

 

« Quelle était cette nouvelle invention qui se révélait tout à coup ? Était-elle, comme celle qui l’avait précédée, incomplète, maladroite, hérissée de difficultés qui en rendaient l’application dispendieuse et l’usage impraticable ? était-ce le rêve d’un cerveau tourmenté de célébrité à tout prix ? Était-ce au contraire le résultat d’études sérieuses et bien pondérées, de combinaisons à la fois ingénieuses et faciles ? Quel en était l’auteur et comment avait-il été amené à faire une telle et si importante découverte ?

Claude Chappe était né dans le département de la Sarthe, à Brulon, en 1763 ; il avait donc vingt-neuf ans quand il se présenta à la barre de l’Assemblée législative. Les glorieux antécédents scientifiques ne faisaient point défaut dans sa famille ; son oncle, l’abbé Chappe  d’Auteroche, avait été envoyé par l’Académie des sciences, dont il était membre, à Tobolsk, afin d’y observer, le 6 juin 1761, le passage de Vénus sur le soleil ; plus tard, pour étudier un phénomène semblable, il se rendit en Californie, où il mourut des suites de ses fatigues. Il avait légué à son neveu le goût des sciences et l’aptitude au travail, car Claude Chappe fut un travailleur infatigable. Cependant l’idée première de sa découverte, qui eut une si grande importance à la fin du siècle dernier, est plutôt due au hasard, à une malice d’enfant, qu’à une volonté préconçue et nettement dirigée vers un point défini. Claude Chappe, destiné à l’état ecclésiastique, avait été mis dans un séminaire éloigné de trois quarts de lieue environ du pensionnat où ses quatre frères faisaient leurs études. Ces enfants cherchèrent un moyen de communiquer entre eux malgré la distance, et Claude imagina d’appliquer des règles plates et noires sur la surface blanche des murailles du séminaire. À l’aide d’une lorgnette, ses frères pouvaient voir facilement les différentes positions qu’il faisait prendre à ses règles et lire ainsi des phrases dont le vocabulaire avait été convenu entre eux. Telle fut l’origine singulière de l’appareil et du système de signaux qui devaient former plus tard le télégraphe et le langage télégraphique. »

 

Le titre de cette rengaine d'autrefois ? Ah, oui : « I'll send an SOS to the world... »

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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 07:00

File:Meteore.jpg

 

 

Prix uniques...

 

 

Réveillon de Noël. Une bastide provençale. Les santons et les saveurs.

 

Échange de points de vue sur la « rentrée littéraire ».

 

Je m'éclipse vers la belle bibliothèque et y trouve ceci :

 

« Nous ne contestons à la Médiocrité aucun de ses droits. Mais, franchement, est-il permis, à l’heure qu’il est, de faire un livre ennuyeux sur la Chine ? Si c’était un livre inexact, passe encore ! mais un livre ennuyeux, dans l’état actuel des connaissances sur ce singulier pays, lesquelles ont tout juste le degré d’information et d’incertitude, de lumière et d’obscurité qui donne à l’Histoire tout le piquant d’une question, cela est-il permis, même à très haute et puissante dame la Médiocrité ?… Est-il permis de manquer d’intérêt et de vie quand il s’agit du peuple le plus curieux et le moins connu, quoiqu’on en ait immensément parlé, de ce peuple magot et falot qui ressemble aux visions produites par l’opium qu’il fume, .  et qu’on pourrait appeler le plus fantastique de tous les peuples ?

Il est des sujets sur lesquels la valeur d’un homme, par cela seul qu’il les traite et à condition pourtant qu’il ne les gâtera pas, devient tout à coup vingt-cinq fois plus grande qu’elle n’est réellement, et la Chine est un de ces sujets sterling. Dans ce long carnaval de Venise que le mystérieux et hiéroglyphique Orient joue depuis des siècles à l’Occident intrigué, la Chine, cachée sous ses éventails, tapie derrière ses écrans, roulée en boule sous ses ombrelles, est le masque le plus impénétrable, et le plus impatientant à deviner. De tous, c’est celui qui tient le plus à son incognito et qui sait le mieux le défendre. Au XVIIe siècle, elle a mystifié lord Macartney, et le livre du pauvre lord nous dit, avec la candeur d’une dupe accomplie, dans quelles superbes proportions la mystification eut lieu… Si un jour elle a permis aux Jésuites, ces admirables enjôleurs pour le compte de la vérité, de soulever son loup et de la regarder au visage, elle s’est bien vite repentie de cette minute d’abandon qui allait faire de sa personnalité historique le Secret de la Comédie pour le monde entier. Elle est donc toujours un mystère… non pas un simple mystère à ténèbres dans lesquelles l’œil cherche sans voir, mais un mystère à éblouissements qui brise la lumière sous les feux luttants des contradictions… Avec un pareil peuple, qui semble échapper au jugement même, avec ce sphinx  retors qui a remplacé l’énigme par le mensonge et auprès de qui tous les sphinx de l’Egypte sont des niais à la lèvre pendante, n’y a-t-il pas toujours moyen, si on ne met pas la main sur le flambeau de la vérité, de faire partir, en frottant son esprit contre tant de récits, les allumettes du paradoxe, et d’agir ainsi, fût-ce en la déconcertant, sur l’Imagination prévenue, qui s’attend à tout, excepté à l’ennui, quand on lui parle de la Chine et des Chinois ? »

 

Présent dans l'inanité.

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 07:00

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Du rire et des chansons...

 

 

Le train vers Bruxelles. Conférence. Journaux : pétrole, consortiums mondialisés, l'avenir d'une illusion.

 

Lecture :

 

« Vers cette époque, je me suis trouvé, un jour, encore assez  riche pour enlever aux démolisseurs et racheter en deux lots les boiseries du salon, peintes par nos amis. J’ai les deux dessus de porte de Nanteuil ; le Watteau de Vattier, signé ; les deux panneaux longs de Corot, représentant deux paysages de Provence ; le Moine rouge, de Chatillon, lisant la Bible sur la hanche cambrée d’une femme nue, qui dort ; les Bacchantes de Chassériau, qui tiennent des tigres en laisse comme des chiens ; les deux trumeaux de Rogier, où la Cydalise, en costume régence, — en robe de taffetas feuille morte, triste présage ! — sourit, de ses yeux chinois, en respirant une rosé, en face du portrait en pied de Théophile, vêtu à l’espagnole. L’affreux propriétaire, qui demeurait au rez-de-chaussée, mais sur la tête duquel nous dansions trop souvent, après deux ans de souffrances, qui l’avaient conduit à nous donner congé, a fait couvrir depuis toutes ces peintures d’une couche à la détrempe, parce qu’il prétendait que les nudités l’empêchaient de louer à des bourgeois. — Je bénis le sentiment d’économie qui l’a porté à ne pas employer là peinture à l’huile.

De sorte que tout cela est à peu près sauvé. Je n’ai pas retrouvé le Siège de Lérida, de Lorentz, où l’armée française monte à l’assaut, précédée par des violons ; ni les deux petits Paysages de Rousseau, qu’on aura sans doute coupés d’àvance ; mais j’ai, de Lorentz, une maréchale poudrée, en uniforme Louis XV. — Quant à mon lit renaissance, à ma console Médicis, à mes buffets, à mon Ribeira, à mes tapisseries des Quatre Éléments, il y a longtemps que tout cela s’était dispersé.

— Où avez-vous perdu tant de belles choses ? me dit un jour Balzac.

— Dans les malheurs ! lui répondis-je en citant un de ses mots favoris. »

 

Tiens, encore des oiseaux dans les arbres...

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 07:00

File:Point d interrogation.jpg

 

 

Du nul au néant...

 

 

Carton d'invitation germanopratin pour découvrir les installations de X.

 

Son travail réenchante (sic !) le monde.

 

Je farfouille dans la bibliothèque et lis :

 

« Nous ne ferons point de réflexions moroses, nous nous abstiendrons de toute comparaison chagrine et fâcheuse. Il serait vraiment trop facile d’avancer et de prouver qu’en ce qui concerne les beaux-arts l’exposition universelle de 1878 est inférieure à ses devancières, surtout à celle de 1855, qui a jeté un si vif éclat et laissé un ineffaçable souvenir. Hélas ! les morts vont vite ; on leur succède, mais on ne les remplace pas toujours. Il faut en prendre son parti, jouir de sa destinée et ne pas tout demander. Nous vivons dans le siècle de l’industrie, des inventions et des machines ; notre sort est assez beau. Comme le disait, il y a trois mois, lord Beaconsfield au banquet annuel de la Royal Academy de Londres, « le temps présent est un âge de civilisation avancée, et la civilisation est essentiellement confortable ; sa tendance fatale est de supprimer le sentiment et de s’occuper du réel beaucoup plus que de l’idéal. » Lord Beaconsfield a raison, le confortable et l’idéal sont deux choses absolument différentes, et qui veut l’une doit apprendre à se passer de l’autre. Les mères ont coutume de dire à leurs filles qu’une femme doit savoir souffrir pour être belle. Cet adage est profondément juste, et les peuples qui se piquent d’exceller dans les beaux-arts feraient bien de s’en pénétrer autant que les jeunes filles qui aspirent à briller dans un bal. Quand une société se soucie avant tout de se procurer toutes ses aises, elle ne doit pas s’étonner que son architecture ait peu de style, que ses statues manquent de caractère, que sa peinture d’histoire soit trop souvent insignifiante. Les Grecs du temps de Périclès se résignaient à une foule de privations qui nous seraient insupportables et qu’ils ne sentaient pas. Il est vrai que, presque partout, les gouvernemens s’appliquent avec un zèle et une sollicitude dont ils font gloire à réagir contre les tendances d’une civilisation qui sacrifie tout au confortable. »

 

Mon jardin d'automne hivernal est un enchantement. J'y marche pieds nus au contact de la terre. What else?

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