25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 07:00

 

 

Aller plus loin...

 

 

Iona aux confins du monde.

 

Un battement d'aile et du bleu partout.

 

Solitude peuplée du souvenir.

 

J'ouvre le livre romantique :

 

« Iona ne mesure pas plus de trois milles de long sur un mille de large, et compte à peine cinq cents habitants. Le duc d’Argyle, à qui elle appartient, n’en retire qu’un revenu de quelques centaines de livres. Là, point de ville proprement dite, ni même de bourgade, ni même de village. Quelques maisons éparses, pour la plupart simples masures, pittoresques si l’on veut, mais rudimentaires, presque toutes sans fenêtres, éclairées seulement par la porte, sans cheminée, avec un trou dans le toit, n’ayant que des murs de paillis et de galets, des chaumes de roseaux et de bruyères, reliés par de gros filaments de varech.  

Qui pourrait croire, cependant, que Iona a été le berceau de la religion des Druides, aux premiers temps de l’histoire Scandinave ? Qui s’imaginerait qu’après eux, au sixième siècle, saint Columban, — l’Irlandais dont elle porte aussi le nom, — y fonda, pour enseigner la nouvelle religion du Christ, le premier monastère de toute l’Écosse, et que des moines de Cluny vinrent l’habiter jusqu’à la Réforme ! Où chercher maintenant les vastes bâtiments, qui furent comme le séminaire des évoques et des grands abbés du Royaume-Uni ? Où retrouver, au milieu des débris, la bibliothèque, riche en archives du passé, en manuscrits relatifs à l’histoire romaine, et dans laquelle venaient utilement puiser les érudits de l’époque ? Non ! à l’heure présente, rien que des ruines, là où la civilisation, qui devait si profondément modifier le nord de l’Europe, avait pris naissance. De la Sainte-Columba d’autrefois, il ne reste que la Iona actuelle, avec quelques rudes paysans, qui arrachent péniblement à sa terre sablonneuse une médiocre récolte d’orge, de pommes de terre et de blé, avec les rares pêcheurs, dont les chaloupes vivent des eaux poissonneuses des petites Hébrides ! »

 

Le calme après la tempête.

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 07:00

 

 

Lisons la nature...

 

 

Aix-en Provence.

 

À la table ronde d'un troquet abrité des regards, longue conversation avec HG de passage sur les coursives de son enfance.

 

Nous croquons chacun une pomme et j'allume ma pipe en bois de bruyère trouvée chez un buraliste d'Aberdeen. Le tabac ? Du Balkan Sobranie. Exclusif. Et seulement à Genève.

 

Dans mon sac, des extraits du Journal de Paul Cézanne. Je lui fais la lecture :

 

« Lire la nature, c’est la voir sous le voile de l’interprétation par taches colorées se succédant selon une loi d’harmonie. Ces grandes teintes s’analysent ainsi par les modulations. Peindre c’est enregistrer ses sensations colorées.

Il n’y a pas de ligne, il n’y a pas de modelé, il n’y a que des contrastes. Ces contrastes, ce ne sont pas le noir et le blanc qui les donnent, c’est la sensation colorée. Du rapport exact des tons résulte le modelé. Quand ils sont harmonieusement juxtaposés et qu’ils y sont tous, le tableau se modèle tout seul.

On ne devrait pas dire modeler, on devrait dire moduler. »

 

Et quand pense-t-il, le clavier musical, de la fameuse modulation ?

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 07:00

 

 

Qu'est-ce qu'on rigole !

 

 

La gare, les gares.

 

À Nantes où je vais donner une de ces conférences dont j'ai le secret, des badauds, grâce à une sono ambulante, s'improvisent danseurs de rue au rythme plus qu'entraînant du tube-happening désormais planétaire mis en scène par l'auteur-compositeur américain Pharrell Williams, Happy.

 

La joie – communicative – de l'ensemble contraste singulièrement avec les manchettes journalistiques pré-pascales qui, toutes, tirent une tronche de six pieds de long.

 

Shakespeare à l'ordre du jour. Je sais que tout à l'heure dans l'auditorium, après un ballon de muscadet, je vais ouvrir une vaste parenthèse. Je parlerai un peu d'Éphèse et beaucoup du magister William.

 

Allons gaiement : « Petite chère et grand accueil font joyeux festin ! »

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 07:00

File:Can't please everyone2.jpg

 

 

Oikonomía, l'administration de la maison...

 

Des mesures économiques, ça ne manque pas.

 

Les périodiques au kiosque de l'avenue : confusion, retournement, conjuration.

 

Dans l'hémicycle, celui-ci ou un autre, rien de fondamental.

 

Démagogie aidant, on ne prend pas les mesures adéquates et quand on en prend, au mieux, pour ainsi dire, c'est la fable bien connue que me glisse à l'oreille le vieil Ésope :

 

« Il courut autrefois le bruit qu’une montagne devait enfanter. En effet, elle poussait des cris épouvantables, qui semblaient menacer le monde de quelque grand prodige. Tout le peuple étonné de ce bruit, se rendit en foule au pied de la montagne, pour voir à quoi aboutirait tout ce fracas. On se préparait déjà à voir sortir un monstre horrible des entrailles de la montagne ; mais après avoir longtemps attendu avec une grande impatience, on vit enfin sortir un rat de son sein. Ce spectacle excita la risée de tous les assistants ».

 

Il faut s'attendre à tout, et même au contraire de tout. Rarement à l'essentiel.

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 07:00

 

 

Au plus fort du courant...

 

 

Sein au bout des terres.

 

Une vigueur comme jamais.

 

Je m'y sens bien.

 

Il me fallait revenir. Sur le quai de la gare à Montparnasse, des Bretons, oriflammes dehors, se sont pris à entonner ce chant qui fit trembler la cage de béton :

 

« Le renard barbu glapit, glapit, glapit an bois ; malheur aux lapins étrangers ! Ses yeux sont deux lames tranchantes !

Tranchantes sont ses dents, et rapides ses pieds, et ses ongles rougis de sang ; Alain-le-Renard glapit, glapit, glapit : guerre ! guerre !

J’ai vu les Bretons aiguiser leurs armes terribles, non sur la pierre de Bretagne, mais sur la cuirasse des Gaulois.

J’ai vu les Bretons moissonner sur le champ de bataille, non pas avec des faucilles ébréchées, mais avec des épées d’acier ;

Non pas le froment du pays, non pas notre seigle, mais les épis sans barbe du pays des Saxons, et les épis sans barbe du pays des Gaulois.

J’ai vu les Bretons battre le blé dans l’aire foulée, j’ai vu voler la balle arrachée aux épis sans barbe.

Et ce n’est point avec des fléaux de bois que battent les Bretons, mais avec des épieux ferrés et avec les pieds des chevaux.

J’ai entendu un cri de joie, le cri de joie qu’on pousse quand la battue s’achève, retentir depuis le Mont-Saint-Michel jusqu’aux vallées d’Elorn,

Depuis l’abbaye de Saint-Gildas, jusqu’au cap où finit la terre ; qu’aux quatre coins de la Bretagne le renard soit glorifié !

Qu’il soit mille fois glorifié, le renard, d’âge en âge ! qu’on garde la mémoire du chant, mais que l’on plaigne le chanteur !

Celui qui a chanté ce chant pour la première fois n’a jamais chanté depuis ; hélas! le malheureux ! les Gaulois lui ont coupé la langue. Mais, s’il n’a plus de langue , il a toujours un cœur ! un cœur, et une main pour décocher la flèche de la mélodie ».

 

L'art vocal a-t-il pour seule vocation d'adoucir les mœurs ?

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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 07:00

File:Dijon - Jardin de l'Arquebuse - 09.JPG

 

 

La poudre du temps...

 

 

Une conférence à Dijon et une promenade au jardin botanique.

 

Temple de l'amour, collections de l'arboretum, roseraies en sommeil. Et quelques cygnes encore sauvages.

 

De retour dans la bibliothèque, je mène mon enquête au fil de l'encyclopédie.

 

Vous avez l'embarras du choix : escopette, couleuvrine, mousquets... En pleine page, lithographie des fameux arquebusiers du roi.

 

Progrès : il paraît qu'aujourd'hui les hommes en viennent à se battre simplement à mains nues...

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 07:00

File:Trousse de préparation de médicament.jpg

 

 

Trois fois par jour...

 

 

Un rhume et je trouve le remède en relisant ce fragment :

 

« La question de la chaleur et de la vie n’a pu être résolue pleinement que par le concours simultané de la physique, de la chimie et de la biologie. L’ancienne physiologie traitait empiriquement de la chaleur animale, mais sans en pouvoir expliquer l’origine. Il a fallu pour cela les découvertes de Lavoisier et les investigations plus modernes de la thermochimie. Après avoir montré comment naît cette chaleur, il importait d’enseigner ce qu’elle devient ; c’est la thermodynamique qui nous l’a révélé. Enfin l’expérimentation physiologique la plus délicate a pu seule déterminer les modifications qui surviennent chez les êtres vivants, lorsqu’ils sont soumis à l’influence d’une température soit supérieure, soit inférieure à celle qu’ils possèdent normalement. La médecine et l’hygiène tirent déjà profit des indications fournies à ce sujet par la science pure. On a reconnu que l’étude des variations de la chaleur animale dans les maladies a une importance notable pour la connaissance de celles-ci, et que le diagnostic aussi bien que le pronostic en reçoivent des lumières inattendues ».

 

Matin, midi et soir au soleil dans le jardin.

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 07:00

File:Ex-Voto Église Saint-André de Port à Port-en-Bessin DSCF2676.JPG

 

 

E la nave va...

 

 

Visiter les églises s'avère une saine occupation.

 

L'édifice au bord de l'eau resserre une foultitude d'ex-voto plus révélateurs les uns que les autres.

 

Celui-ci, esquif-nacelle qui s'élève avec perfection sans degré vers la voûte.

 

Je sors dans l'air frais. Des canards s'ébrouent sur la rive. Du carnet, cette note avant le départ :

 

« Nombreux sont ceux que l'on contraint de se confesser, mais on ne contraint personne à croire. Nulle liberté n'est plus grande que celle du jugement ; c'est pourquoi je la revendique à mon compte afin de ne pas la refuser aux autres ».

 

Requinqué.

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 07:00

 

 

Du spirituel dans l'art...

 

 

Le bel art moderne au Lenbachhaus Museum.

 

Klee et Macke y dialoguent tandis que tout bouge nerveusement alentour.

 

Le perron, les marches couvertes de mousse, les arbres interrogatifs.

 

Soudain, une trouée de lumière.

 

Le cavalier pictural m'emporte.

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 07:00

File:Français 2810, fol. 3v, Qubilaï donnant une tablette aux Polo.jpeg

 

 

Il faut que ça marche...

 

 

Grand plan numérique : l'annonce tutélaire.

 

À titre professionnel, je reçois par les câbles des tombereaux de messages qui sonnent à la conscience comme des injonctions à tous et à chacun.

 

Non sans flegme, je lis cette masse mystagogique regorgeant de néologismes plus ou moins heureux.

 

Et vous voulez que l'on se pose, encore !, la question de comprendre pourquoi, dans le champ éducatif, le premier dont les édiles devraient vraiment se soucier, les opérations cognitives fondamentales que sont le fait de savoir lire, écrire et calculer sont reléguées au deuxième, voire au troisième plan ?

 

Un conseil : repassez-vous le film.

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