9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 07:00

Senlis (60), marais de la Bigue.jpg

 

Une belle journée automnale.

 

Partout, aux carrefours des mairies et des prairies qui ondulent sous le vent, on s'active aux préparatifs de la grande commémoration. Pour une fois, il ne pleut pas.

 

Je traverse la forêt à cheval. Ma monture du jour, une brave bête au pelage bai, se nomme Pidou et se régale de carottes.

 

Près d'un étang qu'enserre le feuillage, je croise Jean-Jacques qui tient à me lire ce qui suit :

 

« Le bonheur est un état permanent qui ne semble pas fait ici-bas pour l’homme. Tout est sur la terre dans un flux continuel qui ne permet à rien d’y prendre une forme constante. Tout change autour de nous. Nous changeons nous-mêmes, et nul ne peut s’assurer qu’il aimera demain ce qu’il aime aujourd’hui. Ainsi tous nos projets de félicité pour cette vie sont des chimères. Profitons du contentement d’esprit quand il vient, gardons-nous de l’éloigner par notre faute, mais ne faisons pas des projets pour l’enchaîner, car ces projets là sont de pures folies. J’ai peu vu d’hommes heureux, peut-être point : mais j’ai souvent vu des cœurs contents, et de tous les objets qui m’ont frappé, c’est celui qui m’a le plus contenté moi-même. Je crois que c’est une suite naturelle du pouvoir des sensations sur mes sentiments internes. Le bonheur n’a point d’enseigne extérieure ; pour le connaître il faudrait lire dans le cœur de l’homme heureux ; mais le contentement se lit dans les yeux, dans le maintien, dans l’accent, dans la démarche, et semble se communiquer à celui qui l’aperçoit. Est-il une jouissance plus douce que de voir un peuple entier se livrer à la joie un jour de fête, et tous les cœurs s’épanouir aux rayons expansifs du plaisir qui passe rapidement, mais vivement, à travers les nuages de la vie ? »

 

Mais tout va bien, Jean-Jacques : la nature que tu herborises se porte à merveille ! 

Published by carnets-atlantiques.eu
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