23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 07:00

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L'ordre des boissons est des plus tempérées aux plus fumeuses et aux plus parfumées...

 

 

- Que voulez-vous ?

 

Bonne question aux amis cosmopolites dans le jardin d'hiver au moment de l'apéritif.  

 

- Que des bonnes choses !

 

C'est Noël dans quelques jours, mais nous avons décidé d'honorer un autre calendrier, un calendrier hors du temps - pour changer un peu. La fête, aujourd'hui et maintenant.

 

- Illum temp bnazzi.

 

- Iva.

 

- Champagne, donc !

 

Toutes sortes de vins de Champagne, du sec, du doux, du blanc et du rosé, du frais et du capiteux...

 

Adossé au tronc du figuier, les bons compagnons formant un cercle autour de moi, nos coupes en teintes sonores, je lis un fragment de cette histoire :

 

Au bout de cette marche je trouvai un pays découvert, qui semblait porter sa pente vers l’ouest ; une petite source d’eau fraîche, sortant du flanc d’un monticule voisin, courait à l’opposite, c’est-à-dire droit à l’est. Toute cette contrée paraissait si tempérée, si verte, si fleurie, et tout y était si bien dans la primeur du printemps, qu’on l’aurait prise pour un jardin artificiel.

 

Je descendis un peu sur le coteau de cette délicieuse vallée, la contemplant et songeant, avec une sorte de plaisir  secret - quoique mêlé de pensées affligeantes - que tout cela était mon bien, et que j’étais Roi et Seigneur absolu de cette terre, que j’y avais droit de possession, et que je pouvais la transmettre comme si je l’avais eue en héritage, aussi incontestablement qu’un lord d’Angleterre son manoir. J’y vis une grande quantité de cacaoyers, d’orangers, de limoniers et de citronniers, tous sauvages, portant peu de fruits, du moins dans cette saison. Cependant les cédrats verts que je cueillis étaient non seulement fort agréables à manger, mais très sains ; et, dans la suite, j’en mêlai le jus avec de l’eau, ce qui la rendait salubre, très froide et très rafraîchissante.

 

Je trouvai alors que j’avais une assez belle besogne pour cueillir ces fruits et les transporter chez moi ; car j’avais résolu de faire une provision de raisins, de cédrats et de limons pour la saison pluvieuse, que je savais approcher.

À cet effet je fis d’abord un grand monceau de raisins, puis un moindre, puis un gros tas de citrons et de limons, et, prenant avec moi un peu de l’un et de l’autre, je me mis en route pour ma demeure, bien résolu de revenir avec un sac, ou n’importe ce que je pourrais fabriquer, pour transporter le reste à la maison.

 

Le citron : lumi. L'orange : larinġ . Le raisin : żbib. Et le vin : inbid...

 

Des gouttres de champagne sont tombées sur un bebbuxu qui s'en va divagant sous le fusain. 

 

Joyeux Milied ! À toi, petite créature, et à tous...

 

 

 

 
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