28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 07:00

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Jour de tempête sphérique au-dessus de l'île.

 

Je marche à l'Ouest dans un vent de valse sur les quais. Personne. Au Nord, Mull, au Sud, Rathlin et droit devant, de l'autre côté, Iglosuatiliratsuk, Labrador.

 

Au bout d'un moment, je trouve un abri dans le renfoncement d'un hangar à moitié démoli. Je suis un Eskimo sans la neige, cette idée me plaît bien. Une mouette blanche et noire vient me dire bonjour sur le granit du ponton et repart d'un battement d'aile arrière : pourrais-je en faire autant ? Il faudra que je m'entraîne devant la glace.

 

Avant de sortir, vu les conditions météorologiques, j'avais hésité sur le choix du liquide que je souhaitais verser dans ma flasque. J'entends soudain une voix lointaine : "Ah, oui, ah !, ah !, le pittoresque du carnet, du stylo et de l'alcool ! Parce qu'il s'agit bien d'alcool, ce fameux liquide, hein ?!"


Chère voix, je n'ai rien contre une pointe de pittoresque, mais sachez que l'essentiel est ailleurs. Toujours. Finalement, ce flacon, je l'ai rempli de whisky, un puissant whisky tourbé comme il en est produit par ici, dans ces distilleries qui, de près ou de loin, ont l'air de constructions vouées exclusivement à la villégiature. Tout aussi bien, j'aurais pu y verser de la vodka -cristal dedans, cristal dehors.

 

Uisge beatha. Whisky et vodka sont eaux de feu, et j'en ai grand besoin.

 

Pour me réchauffer, je bois une bonne rasade et me récite mentalement, mantra contre les fières rigueurs, ce chant de Robert Burns (au patronyme prédestiné...), A Red, Red Rose :

 

 

O my Luve's like a red, red rose
That’s newly sprung in June;
O my Luve's like the melodie
That’s sweetly play'd in tune.

As fair art thou, my bonnie lass,
So deep in luve am I :
And I will luve thee still, my dear,
Till a’ the seas gang dry:

Till a’ the seas gang dry, my dear,
And the rocks melt wi’ the sun :
I will luve thee still, my dear,
While the sands o’ life shall run.

And fare thee weel, my only Luve
And fare thee weel, a while!
And I will come again, my Luve,
Tho’ it were ten thousand mile.


 

 

Au moment de reprendre la route, une goutte de whisky tombe sur le sol gelé - mon diamant du jour offert à tous les dieux.

Published by carnets.atlantiques.over-blog.com - dans Déambulations nomades
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