22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 06:00

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Trouver le bon chemin...

 

 

Ὧς ὁ μὲν ἔνθ᾽ ἠρᾶτο πολύτλας δῖος Ὀδυσσεύς,

κούρην δὲ προτὶ ἄστυ φέρεν μένος ἡμιόνοιιν.

Ἡ δ᾽ ὅτε δὴ οὗ πατρὸς ἀγακλυτὰ δώμαθ᾽ ἵκανε,

στῆσεν ἄρ᾽ ἐν προθύροισι, κασίγνητοι δέ μιν ἀμφὶς

ἵσταντ᾽ ἀθανάτοις ἐναλίγκιοι, οἵ ῥ᾽ ὑπ᾽ ἀπήνης

ἡμιόνους ἔλυον ἐσθῆτά τε ἔσφερον εἴσω.

Αὐτὴ δ᾽ ἐς θάλαμον ἑὸν ἤιε· δαῖε δέ οἱ πῦρ

γρῆυς Ἀπειραίη, θαλαμηπόλος Εὐρυμέδουσα,

τήν ποτ᾽ Ἀπείρηθεν νέες ἤγαγον ἀμφιέλισσαι·

Ἀλκινόῳ δ᾽ αὐτὴν γέρας ἔξελον, οὕνεκα πᾶσιν

Φαιήκεσσιν ἄνασσε, θεοῦ δ᾽ ὣς δῆμος ἄκουεν·

ἣ τρέφε Ναυσικάαν λευκώλενον ἐν μεγάροισιν.

Ἥ οἱ πῦρ ἀνέκαιε καὶ εἴσω δόρπον ἐκόσμει.

Καὶ τότ᾽ Ὀδυσσεὺς ὦρτο πόλινδ᾽ ἴμεν· ἀμφὶ δ᾽ Ἀθήνη

πολλὴν ἠέρα χεῦε φίλα φρονέουσ᾽ Ὀδυσῆι,

μή τις Φαιήκων μεγαθύμων ἀντιβολήσας

κερτομέοι τ᾽ ἐπέεσσι καὶ ἐξερέοιθ᾽ ὅτις εἴη.

Ἀλλ᾽ ὅτε δὴ ἄρ᾽ ἔμελλε πόλιν δύσεσθαι ἐραννήν,

ἔνθα οἱ ἀντεβόλησε θεά, γλαυκῶπις Ἀθήνη,

παρθενικῇ ἐικυῖα νεήνιδι, κάλπιν ἐχούσῃ.

 

Στῆ δὲ πρόσθ᾽ αὐτοῦ, ὁ δ᾽ ἀνείρετο δῖος Ὀδυσσεύς·

 

« Ὦ τέκος, οὐκ ἄν μοι δόμον ἀνέρος ἡγήσαιο

Ἀλκινόου, ὃς τοῖσδε μετ᾽ ἀνθρώποισι ἀνάσσει;

καὶ γὰρ ἐγὼ ξεῖνος ταλαπείριος ἐνθάδ᾽ ἱκάνω

τηλόθεν ἐξ ἀπίης γαίης· τῷ οὔ τινα οἶδα

ἀνθρώπων, οἳ τήνδε πόλιν καὶ γαῖαν ἔχουσιν. »

 

Τὸν δ᾽ αὖτε προσέειπε θεά, γλαυκῶπις Ἀθήνη·

 

« Τοιγὰρ ἐγώ τοι, ξεῖνε πάτερ, δόμον, ὅν με κελεύεις,

δείξω, ἐπεί μοι πατρὸς ἀμύμονος ἐγγύθι ναίει.

Ἀλλ᾽ ἴθι σιγῇ τοῖον, ἐγὼ δ᾽ ὁδὸν ἡγεμονεύσω,

μηδέ τιν᾽ ἀνθρώπων προτιόσσεο μηδ᾽ ἐρέεινε.

Οὐ γὰρ ξείνους οἵδε μάλ᾽ ἀνθρώπους ἀνέχονται,

οὐδ᾽ ἀγαπαζόμενοι φιλέουσ᾽ ὅς κ᾽ ἄλλοθεν ἔλθῃ.

Νηυσὶ θοῇσιν τοί γε πεποιθότες ὠκείῃσι

λαῖτμα μέγ᾽ ἐκπερόωσιν, ἐπεί σφισι δῶκ᾽ ἐνοσίχθων·

τῶν νέες ὠκεῖαι ὡς εἰ πτερὸν ἠὲ νόημα. »

 

 

(Le divin et intrépide Ulysse suppliait ainsi la déesse Minerve. Nausica arrive à la ville sur le chariot traîné par de fortes mules. Lorsque cette jeune fille est devant la superbe demeure de son père, elle s'arrête sous les portiques. Les frères de Nausica, semblables aux dieux, s'empressent autour d'elle; les uns détellent les mules du chariot, les autres portent les riches vêtements dans l'intérieur du palais, et Nausica se dirige vers ses appartements. Une vieille femme d'Épire, la suivante Euryméduse, que naguère dix vaisseaux ballottés par les flots amenèrent en cette île, enflamme le bois dans le foyer : les Phéaciens choisirent Euryméduse pour l'offrir en présent au roi Alcinoüs que le peuple écoute comme un dieu; ce fut elle qui jadis éleva dans le palais la belle Nausica. Maintenant Euryméduse dispose le feu et prépare le repas.

 

Alors Ulysse se lève pour aller à la ville. Minerve-Pallas chérit ce héros, le couvre d'un épais nuage afin que sur sa route les magnanimes Phéaciens ne puissent ni le railler ni l'interroger. Quand Ulysse est près d'entrer dans cette agréable cité, Minerve, la déesse aux yeux d'azur, marche à sa rencontre sous les traits d'une jeune fille portant une urne.

 

Elle s'arrête devant lui, et Ulysse lui parle en ces termes :

 

« Ô ma fille, pourrais-tu me conduire dans la demeure du héros Alcinoüs, roi des Phéaciens ? Je suis un malheureux voyageur et je viens d'un pays éloigné. Je ne connais, moi, aucun des hommes qui habitent cette ville et cultivent ces champs. »

 

La déesse Minerve lui répond :

 

« Oui sans doute, vénérable étranger, je t'indiquerai la demeure que tu me demandes; car le palais de mon irréprochable père touche à celui d'Alcinoüs. Mais marche toujours en silence, et je te montrerai le chemin : surtout ne regarde ni n'interroge personne. Les Phéaciens ne sont point favorables aux voyageurs, et ils accueillent sans bienveillance ceux qui viennent des pays lointains. Ces peuples, protégés par Neptune, se fient à leurs navires légers et rapides, et ils sillonnent sans cesse l'immense surface de la mer; car leurs vaisseaux sont légers comme l'aile et rapides comme la pensée.»)

 

(Homère, Odyssée, traduction Eugène Bareste, 1842)

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