12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 11:00

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Soleil en abysse inversée sur Grand Central Station, New York.

 

Avant de prendre le train qui me mènera jusqu'à White Plains et son puzzle de lacs miniatures, je fais un tour à la librairie souterraine de la gare et tombe sur l'essai de Matthew B. Crawford, Shop Class as Soulcraft : An Inquiry Into the Value of Work (Penguin Press, 2009).

 

Cet ancien universitaire, lassé sans doute de l'inanité du milieu, décide un beau jour d'ouvrir un atelier de réparation de motos. Hands on experience ou les mains dans le cambouis ! Belle première de couverture (BMW R69S rouge, et peut-être 69US, des années 1950 pour les intimes, devant une grange typiquement américaine) et propos intelligents sur la valeur intrinsèque du travail artisanal bien fait.

 

Je me dis que cet essai est à rapprocher, sans les confondre, du célèbre Zen and the Art of Motorcycle Maintenance : An Inquiry into Values publié par Robert M. Pirsig en 1974 (William Morrow & Company). Dans les deux cas, humour et détachement salutaires.

 

Ah !, motos, motos...Quant à moi, les anciennes, bien sûr, celles qui sont entrées dans une collection pour ressortir dès les premiers beaux jours. La fortune vous sourit, des amis vous prêtent des machines reluisantes et  vous voici, seul maître de votre destin, gentleman rider, en pétarades mémorables le nez au vent !

 

Par exemple, sur la corniche des Cévennes (quelles magnifiques routes serpentines en cette région française, de Saint-Jean-du-Gard à Florac, bonjour Stevenson, au coeur du vaste parc arboré !) ou dans le massif des Maures (Cogolin, Gonfaron, Collobrières, La Garde-Freinet, bonjour Rezvani, le golfe de Saint-Tropez, la chartreuse de la Verne, Cavalaire, Sainte-Maxime, cap Lardier et cap Taillat, thym, lavande, genêts, cistes, mimosas, lauriers, chênes-lièges...) ou, si vous êtes particulièrement chanceux, cavalier pour montures originales, votre croisière vous porte sur les dernières portions carrossables de la Route 66, entre Flagstaff et Kingman (halte à Hackberry - les bikers d'Easy Rider ne sont pas loin).

 

Mais, rétrospectivement, l'expérience la plus cocasse et digne d'un risque-tout aura été de piloter ou plutôt de tenter de piloter une Royal Enfield sur les routes turbulentes du continent indien !

 

Il Signor Rider, l'ultimo Cavaliere... Avanti !

Published by carnets.atlantiques.over-blog.com - dans Déambulations nomades
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