24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 17:30

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À Vancouver, tôt le matin, je flâne du côté de Connaught Park, les pins gigantesques et odorants, une véritable rain forest, et le tumulte du port, là, sur la droite, un peu plus bas.

 

Je connais d'autres Connaught Parks, Squares ou Places dans le monde, mais je n'y ai vu que laideur bétonnée.

 

Dans l'avion qui me dépose sur les rives du Pacifique, j'ai emporté Les Derniers rois de Thulé dans une édition de poche et la belle biographie que Jan Borm consacre à Jean Malaurie (Jean Malaurie : Un homme singulier, éditions du Chêne, 2005). J'ai très envie de voir les totems du parc Stanley même si je sais qu'ils y ont été installés vers 1920 dans un aménagement confortable pour le touriste en goguette. C'est mieux que rien, certains de ces totems remontent d'ailleurs au XIXe siècle, donc relativement anciens, en provenance d'Alert Bay située sur Cormorant Island en Colombie-Britannique où le potlatch, banni un temps par les autorités, est à nouveau en pleine vigueur. De toute façon, si je veux voyager plus au Nord, un équipement ad hoc s'imposerait comme me le conseille mon capitaine-ange gardien.

 

Admiration pour ce conteur-né qu'est Jean Malaurie à la voix grave et au format taillé pour l'aventure. Audace de sa part, dans l'immédiate après-guerre, de lancer ce qui allait devenir le pavillon du témoignage vécu, de l'interculturalité et du transdisciplinaire, la collection Terre Humaine aux éditions Plon. Dans la bibliothèque de l'atelier, je m'en  suis aperçu avant le départ, la vie intime de ceux que l'on appelait encore Eskimos de façon péjorative avant que Jean Malaurie n'en révèle les fiers et sensibles aspects dans son livre le plus connu se trouve dans le voisinage immédiat des Immémoriaux de Victor Segalen, autre opus inégalé dans son genre. Quand on pense que Malaurie avait commencé sa carrière (mais est-ce vraiment en ces termes qu'il faut considérer son parcours d'une rare densité ?) par l'exploration des déserts en qualité de géographe...

 

Je demande : savez-vous ce que signifie Inuit ?  Une fois sur deux, silence blanc. Inuit signifie "être humain" - dans tous les sens.

 

Relisez Malaurie, un guide des hautes terres pour ne pas perdre le Nord. 

Published by carnets.atlantiques.over-blog.com - dans Littérature
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