20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 06:00

 

La déliquescence débridée partout, sauf ici.

 

L'humanité ? Mais il n'y a que des individus. La preuve : dès l'aube chaude, par les rues assoupies, avant que n'éclatent les savantes couleurs automnales, je me retrouve.

 

Calle Fratti Dorsoduro, Rio Terrà Foscarini, Calle Ponte Storto, et retour vers le Campo.

 

Une pierre élégante en forme de banc. Ignorée de tous. Connue de moi seul.

 

Là, dans un coin de pure beauté, j'ouvre le livre tant qu'il est encore temps :

 

« Jadis, quand on voyait les hommes traîner une vie rampante sous le faix honteux de la superstition, et que la tête du monstre, leur apparaissant à la cime des nues, les accablait de son regard épouvantable, un Grec, un simple mortel osa enfin lever les yeux, osa enfin lui résister en face. Rien ne l’arrête, ni la renommée des dieux, ni la foudre, ni les menaces du ciel qui gronde ; loin d’ébranler son courage, les obstacles l’irritent, et il n’en est que plus ardent à rompre les barrières étroites de la nature. Aussi en vient-il à bout par son infatigable génie : il s’élance loin des bornes enflammées du monde, il parcourt l’infini sur les ailes de la pensée, il triomphe, et revient nous apprendre ce qui peut ou ne peut pas naître, et d’où vient que la puissance des corps est bornée et qu’il y a pour tous un terme infranchissable. La superstition fut donc abattue et foulée aux pieds à son tour, et sa défaite nous égala aux dieux... »

 

Et reprends ma promenade méditative.

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