23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 11:00

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San Francisco. Nous venons de traverser le Golden Gate Bridge, enfin, je crois, tant le jour est enveloppé d'une ouate poisseuse, et roulons maintenant sur la Highway 101 North en direction de San Rafael et du soleil.

 

Une heure plus tard, la clarté presque revenue, la grande voiture bleue glisse le long de la côte dans le dernier brouillard blanc, serpente un moment entre les pins, et débouche sur Andersen Drive, à deux pas de notre rendez-vous. Au passage, je remarque les locaux proprets de la Société de Saint-Vincent de Paul et deux ou trois restaurants, dont le Saigon Village à la sympathique devanture rouge vif.

 

Au Tamalpa Institute, senteur de fleur d'oranger, le beau visage de Daria Halprin nous accueille (regard large, ridules bien creusées - sa chaleur). Nous revisitons le passé, nos chemins parcourus depuis le tournage houleux de Zabriskie Point en 1969, le film de Michelangelo Antonioni devenu entretemps a cult road-movie initiatique pour toutes les bonnes raisons possibles.

 

Je lui rappelle la blague sur le borate et le gypse (regardez le film et vous comprendrez), l'adolescent et son père on the spot, les prises de conscience des uns et des autres à l'époque dans une société américaine stéréotypée. Elle me redit sa joie d'avoir, très vite, quitté Hollywood et ses pièges pour lancer dans les années 1980 l'institut et ses ateliers d'expression artistique.

 

Zabriskie Point ! Dans le désert des déserts, Death Valley, et au bout, une géologie magique du monde  - à la limite, anywhere out of the world. Une fournaise inhumaine dès huit heures, le matin. Une rotation suspendue des éléments.

 

Du promontoire en quartiers de rocs qui n'a guère changé in decades, c'est un silence assourdissant qui pénètre l'œil. J'aime ce lieu. Je pourrais y rester des heures dans le temps immobile. Ah !

 

Nous saluons Daria, son rêve réalisé et le comté de Marin. Un peu plus au Nord, quittant la route sablonneuse, nous nous enfonçons à pied dans le Muir Woods National Monument, cette forêt de séquoia sempervirens à la frondaison mystérieuse.

 

« Art that arises out of the inner landscape, and is connected to our lived experience, illuminates the darkness and heals the soul ».

 

Oui, c'est ça l'idée. Harmonie du dedans, harmonie du dehors. Avec ces mots-là, sans trop de flonflons, et d'autres. 

Published by carnets.atlantiques.over-blog.com - dans Déambulations nomades
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