9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 07:00

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Je ne connais plus d'énigmes : les choses arrivent, voici l'unique sagesse.


 

Une pension de famille, à l'écart du tumulte - inespérée.

 

Mais si, cher Robert, des énigmes pour soi-même, il y en aura toujours. Je le veux !

 

Dans la chambre claire, j'ai posé mon paquetage.

 

Sur les murs blanchis à la chaux, trois images.

 

Une représentation de Ganesh en bleu.

 

Un homme et une femme dans une posture sans équivoque.

 

Un soleil massif sur une rizière.

 

Blanc : dans la cour, sous le patio, sur la façade.

 

La forteresse au-dessus. Ou ce qu'il en reste.

 

La jeune femme brune sert des lassis.

 

Je fume un cigare.

 

Éloquence érotique silencieuse.

 

Bord des ghâts, bord du fleuve : jaune et vert en draps virevoltent.

 

Des embarcations multicolores vont et viennent.

 

L'odeur de l'encens.

 

Humide humus.

 

L'encre bleue au vent des pages.

 

Je marche sur les rives du temps.

 

Il n'y a plus de temps.

 

J'ai rendez-vous avec la femme brune.

 

Nous cherchons la fraîche conjonction des coordinations.

 

À une raison déraisonnable.

 

Je suis ce voyageur sans attache.


 

Maheshwar, pourtant, te revoir...

 

 

(Robert Musil, Der Mann ohne Eigenschaften / L'homme sans qualités, Seuil, 2004)

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