14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 07:00

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...bombance !

 

 

J'ai sept ans. Sous la lucarne de la mansarde, une édition américaine d'avant les guerres devant les yeux éblouis, les oiseaux dessinés par Jean-Jacques Audubon vont, je ne le sais pas encore, exercer leur intense pouvoir d'attraction pour les années à venir. Ces oiseaux, racontés, là, dans leur précision scientifique, leur diversité captivante et leur illumination picturale, je vais les retrouver, très loquaces, quelques temps plus tard, dans les volières édifiées par l'un de mes grands-pères à l'imitation des grandes serres de Kew Gardens près Londres. J'écris imitation, mais, chez cet aïeul, la moindre réalisation était, en quelque sorte, œuvre originale.

 

Dans les années 1920, ce grand-père, ayant en tête le fameux poème de Poe, avait apprivoisé une corneille qu'on appelle ordinairement corbeau. L'histoire voulut qu'il se soit agi d'un corbeau, mais palombe ou geai auraient fait l'affaire. Ou un tigre, car j'ai toujours pensé que ce grand-père avait l'âme et le doigté d'un dompteur.

 

D'après le rouleau de croquis, ce volatile de belle envergure était devenu la mascotte du domaine. Il allait et venait à sa guise dans le parc, chaque arbre n'était, au fond, pour lui qu'une résidence temporaire. Un chat ailé, pour ainsi dire, à la géographie territoriale singulière.

 

L'hiver venu -et les hivers du temps d'avant étaient de vrais hivers, très, très froids-, ce grand-père ne manquait pas d'approvisionner ce corbeau en graines, blé, lin, orge, et  pièces de lard fondant. Croa-croa !

 

Désormais, le grand enfant que je suis pourvois au bien-être de tous les passereaux qui enchantent son jardin même lorsqu'ils font semblant d'être repus.   

 

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