23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 06:00

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Il avait hâte d'écrire. Il écrivait dans toutes sortes de lieux et se fichait pas mal du temps qu'il faisait. Tout ce qui comptait pour lui était de s'assurer de la solidité de son crayon et d'avoir un coin de table sous la main et de capter les beautés du monde...  

 

 

J'aime les deux : la vaste planche de travail et le coin de table.

 

Détestation immédiate pour le bureau. On peut régler les comptes, ses comptes, ailleurs et diversement. 

 

S'il faut les régler...

 

Bureau de vote. Bureau de placement. Deuxième Bureau. Chefs, fâcheux et chefaillons.

 

Semblables logiques. Imparables. Au rebut, le bureau !

 

Dans l'atelier, je m'étonne chaque matin de retrouver debout la grande table en bois de châtaignier bâtie de mes propres mains.

 

Au fil des saisons, les feuillets s'accumulent, les livres s'empilent et les objets se répondent. Le bel espace se cantonne à un coin de table d'un inconfort plaisant.

 

Cette disposition qui peut varier m'amuse comme l'oxymore.

 

Je vis ainsi dans un café ou une gare routière ou un phare ou un aéroport ou une cantine populaire ou un temple ou une hutte ou un bateau ou une bibliothèque ou un poste frontière ou une capitainerie ou un foyer d'opéra ou une tour ou un jardin. Et simultanément partout à la fois.

 

Accoudé à mon coin de table, je sais que dans cette position sans doute peu recommandable, il m'est facile de m'en aller, de fuir, de m'évader.

 

Je me demande : mais qu'y a-t-il donc sous la table ?

 

 

 

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