7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 06:00

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À la gare de Paddington, wagon tranquille qui va me porter chez des amis à travers la campagne fleurie.

 

J'ai encore le temps de lire, un incroyable petit luxe.

 

Voyage dans le voyage :

 

« Dans la matinée, nous doublons l’extrémité septentrionale de l’île Maurice ou île de France. De ce point, l’aspect de l’île ne dément pas l’idée qu’on s’en est faite quand on a lu les nombreuses descriptions de son magnifique paysage. Au premier plan, la belle plaine des Pamplemousses, couverte çà et là de maisons et colorée en vert brillant par d’immenses champs de cannes à sucre. L’éclat de cette verdure est d’autant plus remarquable, que le vert ordinairement n’est beau qu’à une très-courte distance. Vers le centre de l’île, un groupe de montagnes boisées borne cette plaine si bien cultivée. Le sommet de ces montagnes, comme il arrive si souvent dans les anciennes roches volcaniques, est déchiqueté en pointes aiguës. Des masses de nuages blancs recouvrent ces aiguilles, dans le but, dirait-on, d’offrir un contraste agréable au voyageur. L’île entière, avec ses montagnes centrales et la plaine qui s’étend jusqu’au bord de la mer, a une élégance parfaite ; le paysage est harmonieux au plus haut degré, si je puis employer cette expression.

Je passe la plus grande partie du lendemain à me promener dans la ville et à rendre visite à différentes personnes. La ville est très-grande ; elle contient, dit-on, 20 000 habitants ; les rues sont propres et régulières. Bien que l’île appartienne depuis tant d’années à l’Angleterre, le caractère français y règne toujours. Les résidents anglais emploient le français pour parler à leurs domestiques. Toutes les boutiques sont françaises ; on pourrait même dire, je crois, que Calais et Boulogne sont devenus beaucoup plus anglais que l’île Maurice. Il y a ici un joli petit théâtre où on joue fort bien l’opéra. Ce n’est pas sans quelque surprise que nous voyons de grandes boutiques de libraires aux rayons bien garnis. La musique et la lecture nous indiquent que nous nous rapprochons du vieux monde, car l’Australie et l’Amérique sont des mondes nouveaux dans toute la force du terme. »

 

Parfait. Sans heurt. Mais bien senti.

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