15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 07:00

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À l'aube du printemps, un cinéma de quartier à Marseille redonne ce film d'autrefois, Mes petites amoureuses.

 

Les dialogues des grands gamins, tous plus improbables les uns que les autres aujourd'hui. 

 

On se parlait encore. On est à présent en prière devant son smartphone.

 

J'entends une voix lointaine :

 

« Cette idole, yeux noirs et crin jaune, sans parents ni cour, plus noble que la fable, mexicaine et flamande ; son domaine, azur et verdure insolents, court sur des plages nommées, par des vagues sans vaisseaux, de noms férocement grecs, slaves, celtiques.

À la lisière de la forêt, – les fleurs de rêve tintent, éclatent, éclairent, – la fille à lèvre d’orange, les genoux croisés dans le clair déluge qui sourd des prés, nudité qu’ombrent, traversent et habillent les arcs-en-ciel, la flore, la mer.

Dames qui tournoient sur les terrasses voisines de la mer ; enfantes et géantes, superbes noires dans la mousse vert-de-gris, bijoux debout sur le sol gras des bosquets et des jardinets dégelés, – jeunes mères et grandes sœurs aux regards pleins de pèlerinages, sultanes, princesses de démarche et de costume tyranniques, petites étrangères et personnes doucement malheureuses.

Quel ennui, l’heure du « cher corps » et « cher cœur » ! »

 

L'ennui en tout feu, en tout lieu, et l'on y consent.

 

Soudain, sur la Canebière, un vrai visage. 

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