2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 06:00

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Bourrasque équinoxiale qui balaie tout sur son passage...

 

 

L’Aurore, s’échappant des bras du beau Tithon,
Surgit pour éclairer et le ciel et la terre.
Les dieux de s’assembler, sous le regard sévère
De Jupin darde-foudre et maître en tout canton.
Minerve leur redit les fatigues d’Ulysse
Qui, captif de la nymphe, était son grand souci :


« Père Zeus, et vous tous, béats siégeant ici,
Que désormais nul roi, sceptrigère d’office,
Ne soit bon, clément, doux, ami de l’équité,
Mais qu’il se montre dur et constamment injuste,
Puisque là-bas chacun oublie un prince auguste,
Parmi ce peuple grec qu’en père il a traité.
En proie à la douleur, il gémit dans une île,
Aux mains de Calypso qui le tient prisonnier.
Il ne peut rallier son patrien asile,
N’ayant aucuns vaisseaux, pas même un nautonnier,
Pour l’aider à franchir l’immensité marine.
Ores les Prétendants vont tuer de concert
Son cher fils au retour ; car d’Ulysse il s’enquiert
Dans la sainte Pylos, à Sparte la divine. »


  En ces mots riposta le recteur sourcilleux :


« Ma fille, de tes dents quelle parole glisse !
N’as-tu pas décidé de toi-même qu’Ulysse
Rentrerait dans sa ville et se vengerait d’eux ?
Dûment, comme tu sais, dirige Télémaque,
Afin qu’en ses foyers il retrouve un abri,
Et que ses noirs chasseurs, déçus, voltent casaque. »

Il dit, et stimulant Hermès, son fils chéri :


« Hermès, en tout besoin notre courrier rapide,
Instruis de mon arrêt la Nymphe aux longs cheveux,
Concernant le retour d’Ulysse l’intrépide.
Qu’il parte, sans l’appui des hommes ni des dieux ;
Mais seul, sur un radeau, souffrant mille misères,
Qu’au sol gras de Schérie il aborde en vingt jours
Chez les Phéaciens qui sont presque nos frères.
Tous viendront, comme un dieu, l’honorer au parcours,
Et le rendront par mer à sa chère peuplade,
Comblé de plus d’effets, d’or, d’airain, d’objets d’art,
Qu’il n’en eût rapporté du sac de la Troade,
En rentrant sain et sauf avec sa quote-part.
À ces conditions, sur ses rives natales,
Sous son toit, près des siens, il pourra revenir. »

(...)

 

 

Bien à l'abri, car prévoyant, dans la crique indienne aux eucalyptus, j'ouvre l'Odyssée une fois encore et pense à Calypso.

 

Les grands arbres à l'écorce blanche derrière moi et la fameuse nymphe sont êtres de mystères, liés par leur origine.

 

Ulysse, polutropos, parvient à bâtir son radeau et à s'échapper de l'île parfumée. Gros chagrin : Calypso, inconsolable, perd son aptitude au chant.

 

On a beau connaître l'histoire par cœur, on y revient toujours.

 

Monde de la ruse, de l'artifice, de la dissimulation. Des grottes et des cavernes. Des cachettes et des secrets.

 

Homère a raison : un peu de mythologie n'est pas nocif.

 

 

 

Published by carnets-atlantiques.eu - dans Littérature
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