19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 06:00

File:Francis Carco 1930.jpg

 

Un bal au val de Marne.

 

Trilles et treilles.

 

L'air m'enveloppe :

 

« De grosses tulipes de lumière jaune ruissellent, écrasées dans les glaces. J’aime ce bar de métal clair, d’une ligne sobre et colorée. Des citrons, qu’on épluche, répandent une attirante odeur d’éther. D’autres aromes plus lourds ajoutent à cette odeur et la composent davantage. »

 

Et le mouvement m'emporte :

 

« Le beau couple tourne, il tourne lentement, selon la cadence, ou bien file tout droit — l’homme à reculons – d’un angle à l’autre de la salle. Là, il vire sur lui-même et reprend sa marche souple jusqu’à l’angle prochain qu’il évite par une volte-face savante. Au milieu des danseurs, il garde un souci de la mesure vraiment admirable. Quel mépris pour le trottin écervelé qui tourbillonne et gâche tout, pour le calicot valseur.

L’homme, un couvreur aux pantalons à la hussarde, au chapeau morès des nervis, tire à lui la fille : il l’étend en travers, sur sa poitrine : étreinte amoureuse et plastique. Emmanchés de la sorte les deux amants accompliront leur joie rythmée par l’orchestre. Et, tout autour, dans ce bal des Folies-Gauloises, les couples s’entrechoquent : ils s’enfoncent et se désunissent.

Bob et Marie-la-thune, très beaux, très sveltes et sobres, dansent sous la lumière électrique de la salle irrégulière. »

 

Manège !

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